Palestine : Salah Hamouri libre, enfin

Après treize mois de détention administrative, l’avocat franco-palestinien est sorti de prison. La vigilance reste de mise pour qu’il puisse bénéficier de toute sa liberté de mouvement.

 

Salah Hamouri est libre. L’avocat franco-palestinien était incarcéré depuis treize mois, sans qu’aucune charge ne lui a été signifiée. Ni à lui ni à ses défenseurs. Un dossier secret qui l’a privé de liberté et dont on peut se demander si, en réalité, il contenait quelque chose.
L’arbitraire et le caractère coercitif de la détention administrative apparaissent au grand jour. Car, enfin, soit un individu représente « une menace pour la sécurité d’Israël », selon une assertion récurrente dans ce pays qui se voudrait preuve, et alors les charges doivent être divulguées et un procès ouvert. C’est ce qu’on appelle un État de droit. Soit les services de renseignements israéliens et les « juges » n’ont rien entre les mains. Dans ce cas, on aimerait savoir ce qui a conduit au renouvellement de la détention administrative de Salah Hamouri.

Depuis le 23 août 2017, date de son arrestation à son domicile de Jérusalem-Est, la solidarité s’est développée. « Une grande diversité s’est rassemblée, s’est élargie et est restée unie pour cette cause fondamentale : celle de la liberté », souligne Elsa dans un communiqué publié quelques minutes seulement après la libération de son époux. Elle ajoute : « En ce moment tout particulier, je tiens à vous remercier chaleureusement, en mon nom bien sûr, mais aussi au nom de Salah, et nous tenons à vous assurer de notre plus profonde et sincère reconnaissance. Nous n’oublierons pas ce moment de forte solidarité humaine. »

Bien que libéré, Salah Hamouri ne doit participer à « aucune célébration (notamment de sa libération) pendant trente jours », a indiqué son avocat, Me Mahmoud Hassan. Il lui est également interdit de prendre part à des activités militantes pendant cette période, a ajouté Me Hassan, qui a précisé qu’une caution de 20 000 shekels (environ 4 700 euros) avait été payée. Les autorités israéliennes n’ont donc pas renoncé à harceler Salah Hamouri. Elsa et leur bébé n’ont pas le droit d’entrer en Israël (passage obligé pour se rendre dans les territoires palestiniens). En conséquence, il ne les a pas vus depuis plus de treize mois. C’est dire si les comités de soutien à Salah Hamouri vont rester vigilants. Pour être certain que l’avocat franco-palestinien conserve toutes ses libertés. Dont celle de pouvoir se déplacer en France et de rentrer à Jérusalem.

 

Avec l’Humanité du 1/09/2018