Martignas : Cérémonie du souvenir des fusillés de Souge

Dimanche 21 octobre, Jean Lavie, au nom de l’Association du souvenir des fusillés de Souge, a remercié, pour leur présence, les autorités civiles et militaires, les familles et les citoyens qui perpétuent le souvenir des fusillé de Souge. En voici une synthèse.

 

Les 256 patriotes-résistants étaient d’une extrême diversité d’origines géographiques, sociales, de métiers, d’appartenances aux divers groupes de résistance, d’âge, d’idées. Communistes, socialistes, gaullistes, citoyens sans parti, chrétiens, juifs, francs-maçons, jeunes, moins jeunes, ajusteurs ou armateur, agriculteurs ou militaires, médecins, philosophe ou ouvriers ont lutté avec un objectif commun, celui de bouter hors de nos frontières l’envahisseur et de préserver nos libertés. Ils pouvaient être concurrents, adversaires, ne pas choisir le même mode de résistance, penser que l’autre avait tort. Imaginant un monde futur différent, ils ont su s’unir, face à l’ennemi, difficilement parfois, dans le Conseil National de la Résistance notamment. Ils ont su dégager les axes majeurs de reconstruction d’une société progressiste, faite de conceptions républicaines, de garanties, de droits, de démocratie, qui restent modernes pour peu que nous sachions les conjuguer dans le monde et l’Europe d’aujourd’hui.

 

Qui étaient les 27 fusillés d’origines étrangères ?

Israël Leizer Karp fuit sa Pologne natale, vit quelques années en Belgique, se fait renvoyer en Pologne, revient aussitôt en Belgique avant de se fixer à Martignas.
Louis Gustave Rochemont, né en Haïti, fils d’un marin, vit à Bègles, est un militant communiste.
Vicente Gonzalez-Angulo, et Lucio Vallina sont des communistes actifs dans les FTP. Jean Rodriguez fait le lien entre les organisations espagnoles et le PCF. Tous trois sont espagnols.
Stanislas Ryps, polonais, vit à Nantes. Au nom du groupe de Résistance Hévin-Barreau-Bouvier, il accompagne un pilote de la Royal Air Force vers les Pyrénées.
Jacques Palacin, espagnol, membre d’Honneur et Patrie de Charente Maritime, reçoit des parachutages à Saint-Just et organise le transport des armes. Prévenu à temps lors des arrestations du groupe, il se cache, mais revient voir sa femme et ses enfants.
Guisto Carioni, Giuseppe Montanari et Werter Saïelli, italiens antifascistes sont engagés dans de nombreux sabotages initiés par le groupe FTP Bourgois, groupe M.O.I section des italiens autour du Vigean. Ils organisent aussi un attentat contre un officier des renseignements italiens à Bordeaux.
Eugène Strauss (Allemand) et Martin Wittemberg (Hongrois), réfugiés en Dordogne, arrêtés avec tous les hommes du village de Saint Michel de Double, figurent sur la liste des israélites.
« Les six soviétiques », Gregori Balonowski, Michaël Erefeew, Michaël Gembajev, Gregori Gorobzov, Vassili Iltschinko et Gregori Stupakov, enrôlés de force dans l’armée allemande ont fomenté une rébellion dans leur cantonnement à Soulac.
Les frères Garcia, Dionisio et Casimiro, d’origine espagnole, sont engagés dans le groupe-franc Marc, chargés des transports d’armes et de sabotages de voies ferrées.
Alphonse Fellmann, allemand d’origine, réfugié d’abord à Colmar, appartient au maquis de Vignes-Oudides en Médoc. Il monte la garde lors de l’attaque du maquis de Liard par les Allemands et la milice.
René Moretto, italien, circule à vélo près de la Ferme de Richemont lors de l’attaque des Allemands et de la milice le 14 juillet 1944 et est arrêté. Il est homologué soldat FFI maquis de Saucats.
Leandro Virgil est espagnol né à Gijon, nous ne savons rien de son action.
Enfin quatre sont des fusillés du Train Fantôme. Deux étaient espagnols : José Figueras-Alemada et Joseph Uchsera, combattants républicains, enfermés au Vernet après la guerre d’Espagne puis à Toulouse. Emilio Périn, lui, est italien et engagé dans l’Armée Secrète. Litman Nadler est roumain. Appelé docteur Madeleine car il est étudiant en médecine à Toulouse, il est inscrit sur la liste des victimes du Mouvement de Libération Nationale.

Comme pour les victimes de nationalité française, nous retrouvons la même grande diversité : géographique, d’âge, mais aussi d’engagement dans les diverses formes et mouvements de résistance, et la même volonté de se battre pour préserver les droits humains fondamentaux.
Dans l’immédiat après-guerre beaucoup n’ont pas été reconnus « Mort pour la France ».
Notre association a l’intention de demander cette reconnaissance et nous savons pouvoir compter sur l’aide de chacun d’entre vous pour obtenir cet ultime hommage. Merci.