50 000 logements, ça ne suffit plus : 4 pistes pour répondre aux besoins

Lors du Conseil de métropole du 25 janvier, Odile Blein pour le groupe communiste, a rapproché les questions de pouvoir d’achat et de justice sociale que pose le mouvement social à la question cruciale de la politique logement de la métropole. Elle a proposé quatre pistes pour répondre aux besoins. Son intervention ci-dessous.

« L’actualité, ce sont les gilets jaunes, qui nous “disent” que leurs fins de mois sont toujours plus difficiles…
Or, la part du budget logement chez nos concitoyens est incontestablement toujours plus importante. C’est le premier poste de dépense des ménages, et qui pèse d’autant plus qu’on est pauvre. Quelques chiffres sont parlants : pour se loger dans le privé, il en coûte environ 40 % de leur budget aux 25 % de familles les plus pauvres, quand cette part passe à environ 20 % de leur budget pour les 25 % des Français les plus riches ! Ce qu’on appelle le “reste à vivre” n’est alors évidemment pas le même !
L’actualité, c’est la part croissante de la population vivant dans des conditions précaires : avec une augmentation de 13 % entre décembre 2017 et juillet 2018, la Gironde est le 4e département parmi les plus concernés, comme le dénonce plus d’une vingtaine d’associations dans une “lettre ouverte”, qui vous a été adressée, Monsieur le Président, ainsi qu’à M. le Préfet, et ainsi qu’au président du Conseil départemental, le 10 janvier. Cette lettre ouverte y pointe, en parallèle, un nombre important de logements vacants dans la métropole (22 000 recensés en 2015 par l’INSEE).
L’actualité, ce sont des chiffres donnés par le quotidien Sud-Ouest du 14 janvier dernier, concernant les demandes de logement dans le privé sur Bordeaux : un T2 de 38 m² se loue 600 euros, pour une offre il est constaté 6,36 demandes (contre 3,12 à Paris). L’article pointe enfin, une augmentation des loyers de + 6,77 % en 2018.
L’actualité, c’est une file d’attente pour une première demande de logement social de 24 000 personnes, sur notre métropole quand notre moyenne de production est de 3 500 logements par an…
Face à cette actualité, la mise en place de la loi Elan ne va faire qu’aggraver la situation : coupes de recettes aux organismes du logement social, vente des logements qui disparaitront de fait du parc locatif social, dérégulation du modèle social du logement… pour n’évoquer que les mesures qui nous paraissent les plus graves.
Localement, face à cette actualité, les reculs de certains maires, que nous avons déjà eu l’occasion de déplorer, les projets de démolition de logements, à La Benauge comme à Saige, nous paraissent aller complètement à l’encontre des besoins de la population.
Si nous avons souvent salué l’évolution de l’effort de la Métropole depuis plusieurs années, que ce soit en termes de programmation, de politique foncière, de travail avec les différents partenaires pour amoindrir les coûts des prix de sortie des logements neufs ou le financement de l’amélioration de l’habitat, sans oublier bien sûr les opérations 50 000 logements, force est de constater qu’aujourd’hui, ces efforts sont devenus trop insuffisants.
Nous ne doutons pas que dans cette assemblée, chacun défend le droit au logement comme un droit fondamental. Alors, nous pensons que pour répondre réellement aux besoins, il est temps de passer à la vitesse supérieure. Parmi de nombreuses pistes possibles, nous souhaiterions en retenir essentiellement quatre :

• Nous proposons de passer à 50 % de logements sociaux (hors PLS et accession sociale) dans toutes les opérations se déroulant dans les communes déficitaires au regard de la loi.
• Nous proposons, de nouveau, un encadrement des loyers, qui permettrait à minima, de stopper leur augmentation qui semble sans fin.
• Nous proposons de ne détruire aucun logement, mais de rechercher plutôt, des solutions de réhabilitation (l’exemple très réussi du Grand parc doit nous inspirer !).
• Nous proposons la réquisition de logements vacants. »