Contrat local de santé : Aucune mesure pour lutter contre les inégalités d’accès à la santé

À l’occasion de la signature du Contrat local de santé, Jean-Claude Feugas, pour le groupe communiste, est intervenu lors du dernier Conseil de métropole pour regretter que celui-ci ne contienne « aucune mesure concrète et contraignante » « afin de lutter contre les inégalités d’accès à la santé » et soulever, une nouvelle fois, la question de l’avenir de Robert Picqué et Saint-André. Son intervention ci-dessous.

« (…) Ce document propose 5 axes thématiques et 21 actions afin de promouvoir la santé publique de proximité et la qualité de vie sur la Métropole. Ces actions prennent la forme de diffusion d’information, de promotion des bonnes pratiques, de réflexions à engager… Cependant, aucune mesure concrète et contraignante n’est proposée afin de lutter contre les inégalités d’accès à la santé.
Je citerai quelques exemples.
(…) L’action 6 de l’axe 2 (favoriser l’adoption de modes de vie favorables à la santé et au bien-être) consiste à une sensibilisation des professionnels et élus visant l’intégration systématique des questions de santé dans les politiques d’aménagement et d’urbanisme, mais sans aucun contrôle ni contrainte apparente.
L’action 7 promeut l’accessibilité et la sensibilisation à une alimentation saine et durable, mais ne prend pas en compte les réalités économiques des familles précaires et ne mène pas d’action envers l’industrie alimentaire.
Dans l’action 17 de l’axe 5, le développement de logements adaptés au public âgé en situation de handicap est considéré comme une nécessité, mais sans prise en compte des conséquences de la loi ELAN, qui limite l’obligation de ces logements à 10 % sur les logements neufs.
Enfin, se pose la question de la participation des citoyens de la Métropole à l’élaboration du présent document.
De manière générale, même si le constat d’un manque de moyens est partagé et reconnu, aucune mesure ne vient y répondre par le financement de postes médicaux (action 10 de l’axe 3 sur les structures d’accueil d’urgence), de moyens dans les secteurs concernés (action 15 de l’axe 4 sur les Centres médico-psychologiques) ou encore de la création d’un pôle public regroupant des salariés sous statut (action 21 de l’axe 5 sur les auxiliaires de vie). Nous pensons donc que ce contrat, dans sa forme actuelle, ne répond pas aux ambitions que nous devons porter pour assurer la santé des habitants de la métropole et surtout des plus précaires.
Je terminerai en posant la question du devenir des hôpitaux Robert Picqué et Saint André. Ne sommes-nous pas en contradiction avec nous-même, lorsque nous proposons, d’un côté, un plan de santé qui a pour objectif de permettre à tous les métropolitains de se soigner correctement et que, d’un autre côté, une majorité de notre conseil laisse fermer les infrastructures qui leur permettent, de fait, cet accès au soin ? Notre groupe reste opposé à ces fermetures, car nous estimons que c’est une grave erreur, alors même que la population métropolitaine s’accroit de 10 000 personnes chaque année, c’est une erreur dont nous subissons dès à présent les conséquences.
Ces remarques étant faites, notre groupe votera contre ce contrat. »