Et si le « tous ensemble » devenait possible !

-Par Maryse Montangon, membre de l’exécutif du PCF 33 et du comité exécutif national-

Syndicalisme et gilets Jaunes, politique et gilets Jaunes, qui aurait dit il y a quelques mois, quelques semaines que des convergences étaient envisageables ?

Et pourtant que ce soit dans les manifestations du 5 février, dans la rencontre de notre sénateur Fabien Gay avec, à leur demande, les gilets jaunes de Libourne, la démonstration a été faite que défiler, discuter, échanger, lutter côte à côte pour une vie meilleure est possible. Les tentatives de faire passer les gilets jaunes comme étant infréquentables et les syndicats, les partis politiques comme  étant « tous pourris » ont échoué au fur et à mesure que se sont exprimées dans les ronds-points, dans la rue, les revendications de justice fiscale, d’amélioration du niveau de vie, du manque de démocratie, dénouant ainsi les liens de méfiance parfois légitimes mais surtout entretenus par le gouvernement et le patronat afin d’éviter leur grande peur : la convergence des luttes.
Pour faire face à cette situation de crise, le gouvernement a lancé le grand débat national qui, tel qu’il l’a imaginé pourrait se traduire par « questions pour un champion ». Mais là encore, les citoyen-ne-s ont largement investi ces lieux de réflexion et d’échanges, en comptant bien ne pas se laisser cadrer, orienter ou voler la parole.
Si, légitimement, les revendications exprimées lors de ces débats portent sur les inégalités sociales et salariales perçues par beaucoup de Français-e-s comme insupportables, la responsabilité des entreprises, la toute-puissance des actionnaires ne font pourtant pas ou peu partie des analyses qui en ressortent. La suppression du CICE, la taxation à la source des dividendes des multinationales, le coût du capital, la répartition des revenus et une autre utilisation des richesses, de nouveaux droits pour les salariés dans les entreprises … sont encore loin d’être des mesures essentielles aux yeux des Français-e-s pour plus de justice sociale.
Il s’agit bien donc pour nous, militants syndicaux et politiques, d’investir ces débats, de les bousculer, d’en organiser avec d’autres, en débattant des solutions à construire et en pointant les responsables que sont le patronat et la finance avec la complicité du gouvernement.
Quant au RIC, qui traduit l’aspiration démocratique manifestée largement par le mouvement des gilets jaunes, il est difficile d’y être défavorable. Mais, pour l’instant, ce qui nous est proposé c’est un référendum d’initiative présidentielle et absolument pas d’initiative populaire et citoyenne.
Même si la colère sociale qui s’exprime de diverses façons aujourd’hui présente une tentative certaine de récupération à la fois par Macron et l’extrême droite, ne laissons pas passer les aspirations de justice sociale qui montent dans le pays sans nous en mêler.