Groupons-nous et demain…

Par Sophie Élorri, membre de l’exécutif du PCF 33 et du Conseil national

2018 a été une année de luttes, pour les services publics, la bataille du rail et s’est achevée par le mouvement des gilets jaunes. Commencé le 17 novembre, le mouvement est toujours bien présent, sujet quotidien de discussion sur les lieux de travail, dans les lieux publics, etc. Des gens qui, jusqu’ici, n’avaient pas trouvé leur place dans des mouvements sociaux tels que la loi travail, la bataille du rail, les retraites, se sentent légitimes et concernés.
Nous soutenons les revendications qui émergent et rejoignent nos combats pour la hausse des salaires, du Smic et des pensions, pour une justice fiscale et le rétablissement de l’ISF, pour les services publics et la démocratie.
En réaction à ce mouvement, Macron a été contraint d’organiser un grand débat national et cherche aujourd’hui à en maîtriser le cadre et à reprendre la main. Il est entré en campagne, les macron show de 6h en sont la principale illustration. Il n’est pas question de le laisser faire ! En Gironde, comme ailleurs, nous devons créer les conditions pour que les exigences exprimées par le pays envahissent les débats et se traduisent aussi en actes concrets. Les communistes doivent s’y impliquer, déjouer les manipulations présidentielles. Les Cahiers de l’espoir, nouveaux « cahiers de doléances » de ce XXIe siècle, peuvent permettre à chacune et chacun de s’exprimer, de faire état de ses revendications, d’avancer des solutions qui correspondent aux besoins les plus urgents de notre peuple. L’objectif est aussi de nourrir ce processus de nos propres propositions.
Il y a urgence puisque le ministère de l’Intérieur annonce dans le JDD du 3 février l’intention d’organiser un référendum sur nos institutions le 26 mai prochain. Cette date n’est pas anodine, il s’agit de la date des élections européennes. Pour peser, il est évident que la campagne des européennes doit être menée conjointement.
Mais le peuple n’est pas dupe. C’est en ce sens qu’une intersyndicale, les gilets jaunes et certains partis politiques de gauche, dont le parti communiste, ont décidé de s’unir mardi 5 février. Il s’agit de la meilleure réponse pour peser dans le débat national.
Pour contrer les vieux rêves des capitalistes dont Macron est le pantin, nous devons travailler à l’émergence d’un espoir, d’une remontée des valeurs progressistes et de justice sociale. Malgré la colère qui gronde aux portes des palais nationaux, il continue à appliquer une politique au profit des plus riches exacerbant les inégalités et les souffrances sociales !
C’est dans la dynamique d’une mobilisation populaire, majoritaire, à partir d’exigences fortes de rupture avec les logiques capitalistes et libérales, qu’une nouvelle construction politique se fraiera un chemin et fera émerger une majorité politique dans le pays.