Réforme de l’assurance-chômage : Les assistantes maternelles menacées

Les assistantes maternelles sont en colère. Les négociations sur l’Assurance chômage imposées par le gouvernement, mettent en péril leur métier. Gouvernement et Medef à l’unisson cherchent trois milliards d’économies supplémentaires sur le dos des assurés sociaux.

En ligne de mire la couverture des salariés en multi-activité (femmes de ménages, assistantes de vie, assistantes maternelles, …). Les assistantes maternelles doivent cumuler plusieurs contrats pour espérer vivre dignement. Pour des raisons de déménagement, perte d’emploi, entrée en scolarité de l’enfant, etc., les parents peuvent être amenés à retirer la garde de leur enfant. Cette perte de revenu est jusqu’à présent, en partie, compensée par l’Unedic. Ce ne serait plus le cas demain si la proposition du Medef est imposée.
Or il faut plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour retrouver un contrat. « On fait jusqu’à 50 heures par semaine avec trois enfants, pour 1 000 à 1 500 euros, témoignent-elles. Si on perd un contrat à temps plein, soit entre 500 et 600 euros, l’allocation chômage nous permet de tenir le coup quelques mois jusqu’au prochain contrat. »
Elles sont près de 11 000 en Gironde et plus de 300 000 en France.
Le mouvement des gilets roses – créé récemment pour protester contre la réforme de l’assurance-chômage en cours de négociations – appelait ce samedi matin 2 février, place de la Victoire à Bordeaux, à un rassemblement pour sensibiliser la population sur les risques encourus de baisse de leurs compléments de revenus en cas d’activité réduite. Car la réforme, si elle passe, conduira beaucoup d’entre elles à laisser tomber ce métier qu’elles aiment, ce qui pénaliserait en conséquence également les parents.
Elles étaient plusieurs dizaines rassemblées place de la Victoire, aidées par la CGT, pour alerter la population. Un rassemblement sous la pluie et le froid qui n’a pas entamé leur bonne humeur liée au plaisir de se retrouver.
Certaines ont rejoint ensemble, l’après-midi, la manifestation des Gilets Jaunes.

J.J.B.