30 mars : « Monsieur le Ministre, pour améliorer l’École vous n’avez pas notre confiance ! »

Dans une déclaration commune, le 20 mars, la FSU, UNSA éducation, FO Fnec FP, le SGEN-CFDT, la CGT Éduc’action, le SNALC et la FCPE appellent enseignants et parents à manifester partout en France samedi contre la loi défendue par le ministre de l’Éducation nationale et nommée « Pour une école de la confiance ». De la maternelle à l’université, ils-elles n’accordent plus leur confiance à Jean-Michel Blanquer et le montreront samedi. À Bordeaux, la manifestation partira ce samedi 30 mars à 14h de la place de la République. (Lire aussi la déclaration du PCF).

Les organisations syndicales taxent la politique éducative du ministère de l’Éducation nationale de « rétrograde et libérale » et lui reprochent de ne prendre en compte ni expertise ni avis au sein de l’ensemble de la communauté éducative, d’imposer de nombreuses transformations à marche forcée. Il n’y aura d’ailleurs pas plus de débat puisque la loi va se décliner par ordonnances ou textes réglementaires.
Pour les organisations, « ces transformations, par leur contenu et la méthode, vont le plus souvent accroître les inégalités, dégrader les conditions de travail des personnels sans répondre à la nécessité d’améliorer le service public d’éducation pour assurer la réussite de tous les élèves et l’élévation du niveau de qualification ».
Les syndicats s’opposent à la création des établissements publics des savoirs fondamentaux (regroupement collèges/écoles) « sans accord des communautés éducatives », à la « reprise en main de la formation des enseignants basée sur une conception du métier réduite à des fonctions d’exécution », à « la fin de l’évaluation indépendante des politiques éducatives » et « les cadeaux financiers pour l’école privée ».
Au budget insuffisant va s’ajouter la réforme de la Fonction Publique qui implique la suppression de milliers de postes et un large recours à la contractualisation. « Nos organisations s’opposent à ce développement de la précarité. L’École a besoin de personnels formés et sécurisés afin d’enseigner et accompagner chaque élève ».
Alors que la loi ORE sur l’orientation crée de l’anxiété, « les missions des psychologues de l’Éducation nationale sont remises en cause et des fermetures de Centres d’information et d’orientation programmées ». Les organisations demandent une vision globale du service public d’information et d’orientation clarifiée, une relance de l’éducation prioritaire et des mesures en faveur d’une plus grande mixité sociale afin de lutter contre les inégalités sociales et territoriales.
Salaires inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE, gel de la valeur du point d’indice, pouvoir d’achat qui se dégrade depuis des années, du rétablissement du jour de carence s’ajoutent aux raisons de la colère chez des personnels qui se sentent profondément dévalorisés dans leurs métiers et s’inquiètent du caractère public et national, donc égalitaire, de l’éducation dans notre pays.