8 mars : Elles-ils exigent des droits contre les inégalités et les violences faites aux femmes

Le 8 mars à Bordeaux comme dans d’autres villes en France, en Europe, dans le monde, les femmes, surtout, et des hommes, aussi, se sont mobilisés pour exiger des droits qui permettent de mettre un terme, enfin, aux inégalités femme-homme et protègent les femmes des violences qui leur sont faites, à la maison comme dans la rue ou au travail.

Avant de faire la longue liste des inégalités et des violences avec lesquelles elles et ils veulent en finir, une jeune femme prend la parole au nom du collectif 8 mars (qui regroupe l’historique Collectif bordelais pour les droits de femmes et « Nous toutes ») pour dire aussi ce qui bouge. Mouvement « Nous toutes » contre les violences faites aux femmes, mobilisation contre les viols sur le campus, mobilisation pour obtenir plus de places d’hébergement d’urgence dans la métropole pour les femmes victimes de violences conjugales, cafés féministes pour déconstruire la société sexiste, participation aux manifestations des Gilets jaunes, contre la destruction de l’environnement ou encore les lois répressives : « À Bordeaux comme ailleurs, le féminisme remporte des victoires. Depuis un an, les femmes bordelaises ont fait entendre leurs voix et leurs revendications. »
Sur la place des droits de l’Homme qu’elles rebaptiseront quelques minutes plus tard place des droits des femmes, plusieurs centaines de personnes sont réunies avant de partir en manifestation jusqu’à Saint-Michel.
Leurs syndicats appelaient à la grève ce 8 mars à 15h40, Laurence Laborde pour la FSU, Corinne Versigny pour la CGT, Samia Bentounes pour SUD et Nadège Couronné pour l’UNSA se sont succédées au micro.
« Nous sommes secrétaires, infirmières, aides à domicile, assistantes maternelles, travailleuses sociales, administratives, sages-femmes, hôtesses, bref, nos métiers sont indispensables à la société pourtant ils sont mal rémunérés et leur pénibilité n’est pas reconnue. Nous sommes ingénieures, techniciennes, ouvrières, employées ou cadres, nous faisons le même travail que les hommes mais avec un salaire inférieur. »
« Nous sommes à temps partiel avec un salaire partiel, souvent parce que nous n’avons pas d’autres choix. Entre les courses, le ménage et les enfants, nous réalisons en moyenne 20h de tâches ménagères par semaine. Notre travail est invisibilisé et dévalorisé. Notre salaire est inférieur de 26 % à celui des hommes, de ce fait à partir de 15h40, nous travaillons gratuitement. Nous sommes lycéennes, étudiantes victimes d’une éducation et d’une sélection genrées. (…) Nous refusons de subir encore le poids du patriarcat tout au long de notre vie »
« Nous sommes retraitées, notre pension est inférieure de 40 % à celle des hommes, nous combattons de longue date la précarité remise au-devant de la scène par les femmes Gilets jaunes. Nous sommes étrangères, victimes du racisme, handicapées, lesbiennes, trans et nous cumulons les discriminations. Nous sommes des femmes et, au travail, dans la rue, nous sommes confrontées à des violences patriarcales. »
« Nous sommes des brésiliennes, des espagnoles, des iraniennes, des argentines, des polonaises, des indiennes, des états-uniennes, des kurdes, des turques… Nous sommes partout, toutes ces femmes qui luttent contre les réactionnaires et les conservateurs au pouvoir pour exiger des droits(…) ».
Les femmes kurdes étaient également présentes en nombre, une représentante membre du Conseil démocratique kurde à Bordeaux a souligné que le mouvement des femmes du Kurdistan « a montré qu’il était capable de changer le monde ». « L’idée que “si les femmes s’organisent alors le monde changera” n’est pas une utopie mais un projet qui peut être réalisé », a-t-elle déclaré.

Face aux violences sexistes et sexuelles, le PCF réaffirme la tolérance zéro

Le 9 mars, avant de rejoindre pour certain-e-s la manifestation des Gilets jaunes où un cortège féministe était aussi organisé, des militant-e-s communistes étaient réuni-e-s à Bordeaux pour un apéro féministe. À cette occasion, M.C. Gonzalez, responsable de la commission féministe du PCF 33, a souligné à quel point l’émergence des mouvements Mee too et Balance ton porc ont permis de libérer la parole des femmes et ont permis une certaine prise de conscience collective sur les violences faites aux femmes. Mais elle a aussi rappelé que du côté du gouvernement, les discours ne sont pas suivis d’actes : « le secrétariat chargé de l’égalité femme-homme reste le plus petit budget de l’État et de loin », « les associations et dispositifs d’aide aux femmes sont les premières victimes des baisses de dotation ». 30 femmes décédées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon, depuis le 1er janvier en France, urgence humanitaire pour les femmes migrantes, les femmes premières victimes de la précarité : « il est urgent d’agir ». Les communistes souhaitent développer leurs initiatives dans ce domaine, lors de leur dernier congrès national, ils ont pris l’engagement fort de faire de leur parti « un parti féministe exemplaire ». « Au vu des faits révélés de viols et d’agressions au sein de l’Union des étudiants communistes (UEC) et de la Jeunesse communiste », précise la militante qui trouve « rassurante » la réaction des militants au premier communiqué du PCF. « Ils trouvent intolérables que de tels agissements puissent se produire dans nos organisations ».
En effet, des adhérentes du Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF) ont dénoncé, une première fois en décembre 2017, puis il y a quelques jours des agressions sexuelles dont elles ont été victimes dans leur organisation. Dans un communiqué le 4 mars, le Parti communiste a exprimé « son soutien sans faille à ces jeunes femmes et à l’ensemble des victimes », saluant le courage qui les anime pour prendre la parole. « En fin de semaine dernière, a expliqué l’organisation, le dispositif interne du PCF “Stop violences” a été saisi par ces victimes. Dès aujourd’hui et suite au dépôt de plainte d’une des victimes, nous annonçons la suspension des droits d’un adhérent. Celui-ci étant également conseiller municipal, nous lui demandons de démissionner de son mandat électif. Un autre cas est en cours d’instruction ». Le comité exécutif national du PCF a réaffirmé la nécessité de la tolérance zéro dans son organisation face aux agressions. Plusieurs outils internes sont mis à disposition des victimes : un livret d’information « Violences sexistes et sexuelles, Tolérance zéro ! » ; un dispositif interne « Stop violences » (stopviolences@pcf.fr) qui garantit une réponse sous les huit jours dans le respect de l’anonymat et la prise en charge par des référent-e-s formé-e-s au recueil de la parole des victimes ; un grand plan de formation sur les violences faites aux femmes devrait aussi être mis en place.

Christelle Danglot