CAF Gironde : Pas d’essoufflement

Mardi 5 mars : midi. Pendant que des allocataires font encore la queue devant les automates, les militants CGT et FO prennent progressivement position à l’entrée du siège de la CAF de Gironde.

Moment à peine exceptionnel, tant les salariés, avec leurs syndicats, multiplient les initiatives pour faire entendre leur souffrance au travail qui fait écho à la souffrance des dossiers qui s’accumulent.
Le stock de dossiers en retard (plus de 2 mois) amène même la Caf à une fermeture des guichets du 4 mars au 12 avril tous les après-midis et à restreindre l’accès aux mails.
La mobilisation continue car les raisons de montrer leur colère ne manquent pas :
• Depuis 5 semaines qu’ils sont en lutte, les agents ne sont toujours pas entendus. Les directions, nationales comme locales, ne mettent rien sur la table ni en matière de rémunération, ni en effectifs. Ceux-ci sont passés en 15 ans de 860 à 760 salariés. Le surcroit de travail tente d’être absorbé par le recours aux CDD.
• La valeur du point est gelée depuis 2010 alors qu’environ 25 % des agents perçoivent la prime d’activité démontrant ainsi le niveau bas des salaires.
• Le nombre d’allocataires ne cesse d’augmenter (sur les 15 dernières années, la Caf de la Gironde est passé de 200 000 allocataires à plus de 300 000).
• Et depuis les annonces du 10 décembre du Président Macron, la Caf 33 a reçu plus de 30 000 demandes de Prime d’Activité, traitées au détriment des autres prestations.
La situation est tellement critique que les arrêts de maladie augmentent et, phénomène nouveau, les demandes de départ en rupture conventionnelle également.
La situation est tellement critique que l’invisible député LREM, Dominique David, tout en approuvant évidemment les mesures Macron, s’est quand même fendue d’une question écrite à la Ministre.
Alors les revendications sont simples :
• augmentation de la valeur du point pour rattraper le retard des 9 dernières années ;
• embauches massives (à commencer par les CDD) pour permettre de bonnes conditions de travail et un bon service public ;
• octroi de La prime « Macron » (1 000 €) ;
• une prime locale versée à chaque salarié (qui pourrait être versée facilement au regard des excédents budgétaires réalisés en 2018) ;
• le refus de la suppression de la Plateforme téléphonique de la Caf 33.
Avec ce pique nique revendicatif, les salariés entendaient amplifier le rapport de force et s’adresser aux allocataires. D’abord surpris, certains s’avançaient avec une moue réprobatrice de premier abord, mais le contenu du tract qui leur était remis et les explications données ont eu tôt fait de les rallier à la cause de défense du service public.
Ce service public que des Gilets Jaunes étaient venus également soutenir, un tract (jaune) à l’appui : « Dans nos revendications nous mettons en cause la casse des services publics. Les gilets jaunes expriment une forte préoccupation vis-à-vis de la suppression des services publics dans les localités rurales et la suppression des bureaux d’accueil au profit de sites internet ».
Une expression qui faisait écho à celle des syndicats « Les politiques d’austérité et de casse des Services Publics génèrent de la souffrance des deux côtés du guichet ! »

Jean-Jacques Bordes