Femmes et emploi en Europe : L’heure de l’égalité a sonné !

Après des siècles de dépendance financière à leurs pères et leurs époux, les femmes sont rentrées massivement dans le monde du travail dans l’Union Européenne dans les années 80. Cependant, cette entrée massive des femmes dans le monde du travail n’a pas été, et n’est toujours pas, synonyme d’égalité.

Les différences de salaires entre femmes et hommes persistent en Europe : allant de 8 % pour les employé-e-s jusqu’à 23 % chez les cadres. Cette inégalité commence dès les choix des filières d’éducation et d’apprentissage, les jeunes femmes étant majoritairement écartées des filières dites « prestigieuses ». Par ailleurs, le parcours professionnel des femmes est beaucoup plus discontinu que celui des hommes. Il est, en effet, beaucoup plus fréquemment marqué par des périodes d’arrêt, principalement pour s’occuper des enfants, notamment du fait du manque de structures d’accueil des jeunes enfants dans une majorité de pays européens (crèches, écoles maternelles…). Les femmes sont également beaucoup plus nombreuses à travailler à temps partiel : 30 % contre 8 % pour les hommes. Elles sont aussi les premières à être touchées par le chômage.
Enfin, les femmes représentent la majorité des familles monoparentales en France et en Europe : en 2016, en Europe, 7,7 % des femmes de 25 à 49 ans vivaient seules avec leur(s) enfant(s) contre 1,1 % d’hommes. En France, la proportion est de 10,7 % pour les femmes contre 2,5 % pour les hommes.
Les femmes, en France et en Europe, sont donc les premières victimes de la précarité, elles sont aussi les premières victimes des mesures libérales européennes. Il n’est donc pas étonnant de les trouver en première ligne des mouvements des gilets jaunes depuis plusieurs mois en France.
Face à ce constat, il est urgent de construire une Europe basée sur l’égalité et la justice sociale et fiscale. En effet, à ce jour, seule l’Islande a pris des mesures concrètes pour l’égalité salariale femmes-hommes. Il est possible d’agir dans toute l’Europe. Pour cela, les communistes font des propositions concrètes, et notamment :
• La mise en place d’un SMIC européen pour tout-e-s, pour en finir la mise en concurrence des peuples et des travailleuses-rs. Si les député-e-s européen-ne-s ont le même salaire, alors c’est possible également pour les salarié-e-s !
• La réalisation concrète de l’égalité salariale « à travail égal, salaire égal », avec un contrôle de sanctions réellement dissuasives en cas de non-respect.
• La revalorisation de tous les métiers et secteurs féminisés avec rattrapage pour que le salaire d’une femme soit égal au salaire d’un homme, la mise en place d’une réelle mixité dans les emplois et les postes, l’abolition de la division sexuelle dans les filières scolaires et universitaires.
• La protection de la maternité par l’interdiction du licenciement des femmes enceintes, y compris jusqu’à leur retour de congés maternité (jusqu’à un an).
• Mise en place d’un moratoire sur les directives européennes de libéralisation des services publics et développement des services publics européens par un fond européen démocratique à 100 % alimenté par la Banque Centrale Européenne.
• Le développement, sur tout le territoire européen, de modes de garde suffisants pour permettre aux femmes de continuer à travailler lorsqu’elles ont des enfants, quelle que soit leur situation familiale.
• Le développement d’une nouvelle politique familiale avec un droit à la protection sociale, à la santé et à la retraite, de façon égalitaire, pour toutes et tous.
• Le droit à l’avortement pour toutes les femmes européennes, avec une harmonisation des délais légaux et la dépénalisation de l’avortement sur tout le territoire européen, ainsi qu’une égalité d’accès aux services publics d’avortement. Les femmes européennes doivent pouvoir choisir si et quand elles deviennent mères.
Face à une Europe de l’argent, une Europe de la précarité dont les femmes sont toujours les premières victimes, une Europe des gens et de l’égalité femmes-hommes est possible, c’est celle que propose la liste du Parti Communiste Français et conduite par Ian Brossat pour les élections européennes du 26 mai !

M.C. Gonzalez, responsable féminisme PCF 33