FORD : Stop au fatalisme, à l’impuissance, il faut des actes !

Déclaration du groupe communiste à Bordeaux Métropole le 26 février.

Ford, en refusant la nouvelle offre de reprise de Punch, poursuit dans sa volonté de se défaire du site de Blanquefort et de toutes ses responsabilités. Objectif qu’il poursuit depuis 10 ans malgré des millions d’aides versés par les différentes collectivités locales et le CICE de l’État pour tenter de garder Ford à Blanquefort !
Aujourd’hui donc Ford confirme sa stratégie mondiale qui est de réduire sa présence en Europe et de fermer l’usine pour réduire les coûts et augmenter les profits et les dividendes du groupe.
Il n’est plus temps de se joindre au concert de pleurs, de lamentations et d’indignations mais de poser les bonnes questions et surtout d’y trouver des réponses et solutions nouvelles très rapidement !
Tous, unanimement, et de tous bords politique, y compris Bruno Lemaire ministre de l’Économie, semblent aujourd’hui dénoncer les ravages d’un capitalisme mondialisé et financiarisé qu’ils ont pourtant, pour les uns, voulu accompagner et encadrer et pour les autres, aider et faciliter avec des aides et des allègements d’impôts ou de charges généreusement octroyés !
Les uns parlent de trahison, d’autres sont scandalisés par l’attitude de Ford aujourd’hui comme d’autres grands groupes transnationaux qui échappent à toutes règles nationales qui ont été gommées pour leur faciliter les investissements et surtout le développement de colossaux profits dont les pays ne voient pas la couleur grâce à l’évasion fiscale qui coûte 80 milliards à la France et près de 1 000 milliards à l’Europe !
Le temps n’est plus aux lamentations mais aux actes ! Mais les élus locaux comme nationaux jusqu’au plus haut sommet de l’État, semblent démunis et impuissants tant il n’y a plus aucun outil pour s’opposer à cette puissance économique destructrice des emplois, de l’humain et des pays eux-mêmes auxquels elle ne contribue plus, échappant sans cesse à l’impôt.
(…) Les élus communistes à Bordeaux Métropole, avec notamment Gilles Penel, ouvrier chez Ford, ont depuis 10 ans insisté sur la nécessité de construire un projet industriel alternatif pour assurer un avenir s’appuyant sur les savoir-faire et les compétences qui existent sur ce site de Blanquefort. Aujourd’hui, nous sommes mis au pied du mur par Ford et nous devons subir ses caprices. Les élus balbutient alors une timide volonté de recherche d’un début de stratégie industrielle sur les cendres de l’usine qui, au mieux, assurerait une cinquantaine d’emplois.
Nous voulons poser avec forces nos propositions pour donner des moyens aux salariés et aux citoyens de s’opposer aux choix voraces de ces multinationales, en les associant à la gestion des entreprises et de conditionner les aides publiques à la création d’emplois et au respect de l’environnement. Enfin, il est de la responsabilité de la puissance publique mais aussi des salariés, pour leur part, de créer, d’inventer le pôle industriel qui doit naître à Blanquefort pour que tous ces savoirs faires, l’expérience professionnelle des 850 salariés ne soient pas gâchés.
Que de temps perdu ! Aujourd’hui, on parle d’un groupe de travail constitué à la hâte pour parler stratégie industrielle. Tout ceci nous semble bien fragile et très tardif alors que la vie de centaines de familles en Gironde est en jeu, sans oublier les salariés de Getrag dont l’avenir, étroitement lié à la stratégie de Ford en Europe, est donc très fragile et incertain.
Il y a urgence à changer les règles du jeu et à imposer des barrières à ce capitalisme dont la seule règle est le profit au dépend de l’humain. Tirons les conséquences de cette fermeture pour agir et écrire les lois qui demain protègeront les hommes et non les capitaux et les profits !