Le débat

Par Frédéric Mellier, membre de l’exécutif du PCF 33

Le grand débat, du moins l’image que veulent bien nous en donner les médias, ressemble à une grande tournée du président la République. Celui-ci, au fil des questions, défile son argumentaire devant un auditoire souvent trié sur le volet, le tout retransmis sur l’ensemble des chaînes d’informations. En fait de grand débat, il n’en a que le nom, les intervenants étant limités à trois minutes d’intervention, et se transforme au fur et à mesure en oral présidentiel.
Tout cela est sans commune mesure avec ce qui existe lors des débats dans les communes. La parole y est libre, le débat y est vif. Les colères et les souffrances surgissent de toutes les salles, la dénonciation des injustices y est prégnante. Ces débats-là sont à l’image d’un pays, d’un peuple qui en a « ras la casquette », qui aspire à vivre dignement. Mais il ne se limite pas à ça, des propositions fusent de partout, des solutions sont apportées, aux petits comme aux grands problèmes de notre temps.
Notre peuple s’est remis à faire de la politique en évacuant les aspects politiciens, pour ne se concentrer que sur ce qui est l’essentiel.
Nul ne peut dire ce qui sortira de cette phase historique, et tous les possibles sont sous nos yeux. Une chose apparaît cependant certaine, c’est qu’il existe aujourd’hui un fossé entre ce qui s’exprime dans la rue et les débats, et la politique du gouvernement.
Le démantèlement systématique de nos structures sociales pour conformer notre société aux exigences du libéralisme et du capitalisme vient percuter chaque jour un peu plus les aspirations à plus d’égalité et de justice. La réforme en cours de l’école qui se fait en catimini, va plus loin que la pose de drapeau dans les classes et annonce des reculs terribles pour la réussite des enfants. Cette réforme illustre, comme le projet autour de l’Unedic, ce que souhaite mettre en place le gouvernement et le président, en utilisant à plein la durée du mandat, pour restructurer la société française.
Ce qui apparaît comme un rouleau compresseur est, dans les faits, d’une grande fragilité tant le consentement populaire n’est pas là, et que commencent à se dessiner des propositions alternatives.
L’enjeu est de construire des convergences qui permettent à l’ensemble des contestations et alternatives de devenir un projet. Les élections européennes font partie de ce chemin, dans lequel les communistes, avec leurs candidats, souhaitent pleinement prendre leur place, et souffler un air d’espoir dans notre pays.