Salaires, justice fiscale, services publics : Elles-ils veulent des réponses

À l’heure où le « grand débat » se termine, les syndicats, hormis la CFDT, veulent peser pour avoir des réponses sur l’augmentation des salaires, retraites et minimas sociaux, sur la justice fiscale et les services publics. Les manifestations de mardi ont été importantes et particulièrement soutenues par l’opinion. Parmi les fonctionnaires bien mobilisés, les enseignants ont été particulièrement remarqués.

Comme partout en France, Bordeaux a connu une belle manifestation mardi (15 000 d’après la CGT), à l’initiative de la CGT, FO, Solidaires, la FSU… Quelques gilets jaunes ont pris la tête du cortège juste devant la banderole intersyndicale qui affiche l’exigence d’une meilleure répartition des richesses, l’augmentation des salaires, pensions et minimas sociaux et des moyens pour les services publics. Il fait beau et un sondage Odoxa annonce que 73 % des Français-es soutiennent cette journée nationale de grève. Les troupes ont répondu à l’appel, celles de la CGT en particulier. Dans ses rangs, l’AIA est en tête, en plein conflit sur le pouvoir d’achat, les salariés sont particulièrement mobilisés. « Depuis 2 mois et demi, la grogne ne retombe pas, explique Éric Siharath, secrétaire du syndicat. En ce moment nous débrayons tous les jours et ça risque encore de monter en puissance. » Comme d’autres salariés de la Fonction publique, ces salariés voient leur rémunération diminuer avec le gel du point d’indice et l’augmentation de la CSG et cotisations retraite. Outre la revendication du dégel du point et de l’augmentation des salaires, ils ont des propositions locales : « l’alignement du “coût de la vie” de la ville de BORDEAUX sur la zone 1 (Paris, IDF, Toulon, Hyères…) pour obtenir une augmentation de 3 % sur les indemnités de résidence (fonctionnaires et contractuels) et 0 % d’abattement de zone (ouvriers d’état) ».
Sans doute inquiets des conséquences que pourrait avoir sur l’activité et l’emploi la régionalisation des ports, les salariés du port de Bordeaux sont également venus en nombre.
Sous toutes les bannières syndicales et du privé comme du public, des 4 coins du département, les personnels de santé sont eux aussi nombreux tant le ras-le-bol est grand des effectifs insuffisants et des salaires au rabais. Mais pour les agents publics le projet de loi de réforme de la fonction publique, qui va inciter aux départs volontaires, accentuer le recours aux contractuels et généraliser les entretiens d’évaluation, en rajoute. La colère des fonctionnaires était donc bien perceptible dans le cortège, avec un sommet pas atteint depuis longtemps dans les rangs de la FSU qui constituaient le gros des troupes.


« Blanquer t’es foutu les profs sont dans la rue »


Le nom du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, est sur toutes les pancartes et son « école de la confiance » transformée en « école de la méfiance », « école de la finance »… Au micro, le « Blanquer t’es foutu les profs sont dans la rue » résonne. Déjà échaudés par des évaluations répétitives, une remise en cause de leur professionnalité, les enseignants du 1er degré s’opposent au projet de fusion du collège avec les écoles qui va entraîner la supression de postes de directeurs-trices d’écoles et fermetures d’écoles de proximité en milieu rural notamment. Le SNUipp-FSU appelle, avec d’autres organisations syndicales, à un rassemblement parents-enseignants le samedi 30 mars à Bordeaux à ce sujet.
Des lycées professionnels dont le niveau d’enseignement est remis en question sont aussi présents, des enseignants de SEGPA, de lycées généraux qui, avec la réforme du bac, vont perdre des options et des postes. « 7 postes vont être supprimés à Élie Faure à Lormont et 7 à Montesquieu, explique Émilie, enseignante de lettre classique. » Et tout cela en plus de Parcoursup…
Alors foutu le ministre Blanquer et son « école de la confiance » ? En tout cas, il peut s’inquiéter car visiblement les enseignants sont remontés comme ils ne l’ont pas été depuis longtemps.

Christelle Danglot