Au travail aussi : « L’Humain d’abord ! »

La fédération du PCF, en partenariat avec les « Rencontres rurales » de la section Haute Lande, organise un débat à Saint-Symphorien ce samedi sur l’Économie sociale et solidaire, à laquelle s’intéressent les communistes parce que ses principes et ses valeurs en font un chemin privilégié pour rompre avec la main mise du capital sur notre travail, nos vies, notre environnement. L’ESS apparaît également comme un moyen de relocaliser de l’emploi dans les territoires.

L’Humain d’abord, ce n’est pas seulement un slogan, c’est le socle, les fondations sur lesquelles s’appuient la réflexion et les propositions du PCF.
C’est une vision de la société d’émancipation pour laquelle nous nous engageons.
Et si les mots ont un sens et sont porteurs de visions politiques et sociales, interrogeons le lexique du discours dominant :
« il faut s’adapter » ; « les gens réfractaires au changement » ; ceux « qui réussissent » et ceux « qui ne sont rien » ; etc. Etc. C’est un discours qui s’adresse aussi à l’humain… mais certainement pas dans une démarche émancipatrice. C’est le néolibéralisme qui s’invite dans la mission éducative de l’État, dans la presse, dans le discours économique et politique afin d’adapter les populations, de transformer leur psychisme et leurs affects pour qu’ils servent docilement les intérêts de l’économie financiarisée mondiale. Avec comme résultat attendu, le chacun pour soi et l’exacerbation des rivalités.
Le slogan de la liste communiste pour l’élection au Parlement européen, conduite par Ian Brossat, et sur laquelle figure Arthur Hay, de Bordeaux, illustre bien cet antagonisme de fond : « L’Europe des gens, pas l’Europe de l’argent ».
Est-il nécessaire de préciser que le PCF s’oppose à ce nouvel « impérialisme politique », comme dirait Barbara Stiegler, pour lequel l’homme est une variable d’ajustement et la nature, une source de profits à court terme, voire une poubelle ?
A contrario, les communistes proposent d’agir et « penser indissociablement global et local ». « Notre lutte pour l’industrie et le développement de l’emploi converge avec celle des circuits courts, pour réduire pollutions et réchauffement climatique ». « Le rôle des salariés dans l’entreprise et des populations concernées doit prédominer au lieu du monopole du capital… pour imposer cette logique nous voulons prendre le pouvoir sur l’utilisation des profits ».
L’ESS, actuellement enkystée au sein du capitalisme libéral, « fait la démonstration qu’une autre voie que celle vouée à la finance avec son corollaire d’exploitation des travailleurs et de la nature est possible », affirme Sylvie Mayer.
Karl Marx considérait déjà que le système coopératif peut devenir « du très possible communisme ».

Bernard Sengayrac, membre de l’exécutif du PCF 33, section Haute Lande.

Lire aussi :

Sylvie Mayer : ESS et communisme
Interview de Bruno Fontan, PDG de la Scop Aquabio

Repère : Qu’est-ce que l’ESS ?

C’est un mouvement social et économique qui regroupe des structures se référant, dans leurs statuts et dans leurs pratiques, à un modèle d’entrepreneuriat et un projet politique s’appuyant sur un certain nombre de fondements forts :
La personne au cœur de l’économie
Les personnes et le projet collectif priment sur le capital et la recherche de profit. Le projet d’une organisation de l’ESS a une utilité collective ou sociale.
Le fonctionnement démocratique
Les dirigeants sont élus et les décisions sont prises selon le principe « 1 personne = 1 voix » (et non en fonction du capital détenu). La gestion est autonome et indépendante des pouvoirs publics.
La liberté d’adhésion
Toute personne qui le souhaite peut participer, adhérer ou prendre des responsabilités dans une organisation de l’ESS, ou en partir.
Un modèle économique spécifique
Les excédents constitués et provenant d’une mixité de ressources sont prioritairement destinés au développement de l’activité car il n’y a pas d’actionnaires à rémunérer et leur appropriation individuelle est interdite. Les fonds propres ne sont pas partageables.

Historiquement composée d’associations, coopératives, mutuelles ou fondations, l’ESS s’est élargie à de nouvelles formes d’entrepreneuriat : économie solidaire, insertion par l’activité économique (IAE), entreprises adaptées, entrepreneuriat social…
Elle est présente dans l’ensemble des secteurs d’activité de l’économie, des services aux entreprises et aux personnes jusqu’à l’industrie, en passant par l’agriculture, le commerce ou le bâtiment, mais également sur tous les territoires.