Écoles : Le Sud Gironde contre la loi Blanquer

Au conseil municipal de Saint-Pierre d’Aurillac ou dans plusieurs écoles du Sud-Gironde comme l’a relevé Sud Ouest, parents, enseignants et élus locaux se mobilisent pour l’école et l’avenir des enfants.

Le conseil municipal de Saint-Pierre d’Aurillac, village du Sud-Gironde, a adopté une motion sur la loi Blanquer avant qu’elle ne soit examinée par le Sénat. Les élus y relèvent plusieurs points qui « modifient complètement l’organisation actuelle de l’école et soulèvent de graves questions » :

  • L’article 2 propose de rendre la scolarisation obligatoire dès 3 ans, alors que plus de 95 % des enfants de cet âge sont déjà scolarisés. Cependant cette mesure permet d’étendre l’application de la loi Debré de 1959 aux écoles maternelles privées en imposant aux collectivités un financement supplémentaire de ces écoles pour les enfants de 3 à 6 ans.
  • De plus, dans son article 4 bis, un amendement autorise la scolarisation jusqu’à 6 ans dans un « jardin d’enfants » pour les deux prochaines années scolaires. Cette disposition transitoire, si elle devait être pérennisée, menacerait l’existence même de l’école maternelle, spécificité française, et constituerait un nouveau transfert de charges aux collectivités locales aggravant encore les inégalités territoriales.
  • Enfin l’article 6 du projet de loi institue des Établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF) qui regrouperaient au sein d’un même établissement un collège et les écoles du secteur. La décision de création de ces établissements reviendrait aux élu-e-s locaux et départementaux ainsi qu’au recteur ou à la rectrice sans possibilité de véto des conseils d’école.

« Alors que le gouvernement organise l’étranglement financier des communes, en particulier rurales, cette disposition menace très concrètement l’existence même de très nombreuses écoles notamment celles membres d’un regroupement pédagogique intercommunal (RPI) », commente les élu-e-s de Saint Pierre d’Aurillac dans la motion adoptée. Pour eux, « le service public de l’Éducation nationale est une priorité et c’est pourquoi le budget qui lui est consacré est, cette année encore, le premier poste des dépenses communales, notamment en consacrant la gratuité réelle de l’école à travers la prise en charge de l’ensemble des fournitures scolaires pour tous les enfants. Pour cela, au nom des principes d’égalité et de laïcité, le Conseil Municipal de Saint-Pierre d’Aurillac demande le retrait de ce projet de loi qui ne vise qu’à faire des “économies” sur l’avenir de nos enfants et demande à l’État d’investir massivement dans la formation en donnant aux enseignant-e-s et aux élèves des conditions de travail et d’étude favorable aux apprentissages ». Au lendemain de la journée de grève nationale suivie par un enseignant sur 4 en Gironde, des « parents en colère », mobilisés depuis plusieurs semaines contre le projet de loi sur l’école de la confiance du ministre Jean-Michel Blanquer, ont bloqué symboliquement l’accès aux classes de plusieurs établissements du Langonnais : Langon, Saint- Pierre-de-Mons, Toulenne, Bieujac. Là aussi, la communauté éducative craint le développement d’une école à deux vitesses, la disparition des directeurs, et l’apparition de nouvelles charges financières pour les collectivités.