En débat : Pourquoi un métro à Bordeaux ?

Jeudi 11 avril, salle Nansouty à Bordeaux, l’Association Métro de Bordeaux organisait une réunion publique pour promouvoir l’idée d’un métro à Bordeaux avec la participation de Claude Mellier, vice présente de la Métropole en charge des infrastructures. Les différents intervenants ont donné, chacun à leur manière, un blanc-seing à cette proposition.

L’objet de l’association est de promouvoir la construction de lignes de métro au sein de l’aire urbaine bordelaise, de penser l’intégration du réseau de métro dans un plan de mobilité global à l’échelle de l’aire urbaine bordelaise et du département de la Gironde (TER/RER/cars…) et dans un plan de mobilité métropolitain, de promouvoir les politiques d’urbanisme compatibles avec la mise en place d’un réseau de métro au sein de l’aire urbaine bordelaise.
Mickaël Beaubonne, président de l’association, montre à quel point le contexte appelle à de grandes décisions, tant le trafic s’accroit (+ 50 % d’ici 2030) alors que le tramway, victime de son succès, montre des signes évidents de saturation et de dégradation de ses performances et que sa conception même (réseau de surface) multiplie les conflits d’usage (véhicules, piétons, cyclistes…).
Jean Piraud, ingénieur, ancien chargé d’étude du projet de métro à Bordeaux en 1990 s’est attaché à démontrer que, si techniquement un métro était prématuré en 1994, les évolutions technologiques enregistrées depuis lui rendent toutes possibilités (évolution des techniques de creusement, de mesure des impacts en surface…). Creuser à 20 mètres pour passer en dessous de sols instables ne pose plus de difficultés à ce jour (cf. Kuala Lumpur).
Hervé Lefevre, directeur général de Kéolis Bordeaux Métropole, souhaitait avant tout défendre le tramway et ses capacités d’amélioration encore existantes, sans rejeter l’idée du métro.
Claude Mellier a constaté la saturation du réseau de surface et considère que la population est prête au débat, alors qu’il n’a pas encore été vraiment lancé dans l’hémicycle politique métropolitain, même si les responsables n’y opposent plus de résistance. Elle l’affirme, le métro peut être une solution.
Une évidence s’impose tout de même : tout projet de transport dans la métropole doit s’insérer dans la notion de pluri-modalité : train, tram, bus, vélo, voiture, marche à pied, voire téléphérique, d’où la nécessité de développer la ligne de ceinture, projet que les communistes portent depuis trente ans.
« Il va falloir inventer de nouveaux modes de financement » selon Claude Mellier, à l’image de ce qui se fait à Paris sur la taxe sur les bureaux, car les enjeux sont importants. L’ensemble des projets pourrait avoisiner les 5/6 milliards d’euros sur 8 à 10 ans (une ligne de métro = 1.6 Mds€). « Pourquoi ne pas solliciter des fonds de la BCE ? » interrogeait C. Mellier, puisqu’il s’agit d’investissements publics s’inscrivant dans le respect de l’environnement.
Un constat partagé : il va falloir effacer les traces de l’abandon de 1994, époque où la moitié des bordelais était persuadée que le sous-sol ne s’y prêtait pas

J.J.B.