La fin du grand débat… Et maintenant on fait quoi ?!

-Par Sophie Elorri, membre de l’exécutif du PCF33 et du Conseil national-

La fin du grand débat : voilà, nous y sommes. Lundi, le premier ministre a présenté les premières conclusions. Il s’agit d’une sombre interprétation puisque seule une partie de la population, bien loin des ronds-points, a décidé de s’inscrire dans ce grand débat.
Ce n’en est pas moins l’heure du bilan. Les Français-es attendaient des propositions concrètes, parce que depuis le 17 novembre 2018, le pavé est foulé chaque samedi. On ne peut que se féliciter que les Français-es souhaitent de plus en plus être partie prenante de la vie politique. Des débats se tiennent sur les lieux travail, sur les ronds-points, dans les cafés où chacun a une interprétation ou une vision de ce qui pourrait améliorer le quotidien.
Cependant la « macronie » ne l’entend pas de cette même façon. En effet, les annonces du Premier ministre, nous donnent une interprétation toute personnelle des revendications des Français. Les premières conclusions sont bien loin des revendications des Gilets jaunes, voire des conclusions de la plateforme mise en place comme outil du « vrai débat ».
Il est vraisemblable que la macronie soit victime de surdité : au lieu d’entendre « justice fiscale », elle entend « baisse des impôts », au lieu d’entendre « développement des services publics de proximité », elle entend simplification du « millefeuille territorial ». Aux revendications sur la justice fiscale et sociale, comme sur l’urgence climatique, Édouard Philippe dit vouloir répondre par la baisse de la dépense publique et donc moins de moyens, encore, pour les services publics, donc moins de moyens, encore, pour répondre aux besoins de la population. Il serait parfaitement possible d’augmenter les salaires comme les retraites et de redistribuer les richesses en rétablissant l’ISF et en mettant fortement à contribution les actionnaires et la Finance.
Les communistes avaient dès le départ dénoncé les enjeux de ce grand débat, n’étant qu’un prétexte à l’application de la politique du président et son gouvernement, faisant campagne auprès des élus locaux, pour LaREM en vue des élections européennes.
Dans les manifestations de gilets jaunes, dans les luttes à l’entreprise pour les salaires et l’emploi, dans les mobilisations pour l’école, les services publics, le climat, nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir vivre dignement. À partir des exigences exprimées ces derniers mois, le Parti communiste français a rendu publiques 10 propositions pour la France. Les communistes sont encore et toujours présents afin de faire entendre la voix du changement et une de ces voix, est celle du « peuple pas celle de l’argent ». Avec le bulletin Ian Brossat pour les élections européennes du 26 mai prochain.

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