52e congrès de la CGT : L’organisation veut déployer toutes ses forces, au plus près des travailleurs

Une « période marquée par une campagne de dénigrement du syndicalisme menée au plus haut niveau de l’État et une attaque sans précédent contre les droits et moyens ». Tel est le contexte résumé par Philippe Martinez, dans lequel se tient le 52e congrès de la CGT, à Dijon, du 13 au 17 mai. « Il est normal et logique que des débats, des interrogations voire des doutes existent parmi les citoyens mais aussi dans notre organisation » avance sans ambages, le secrétaire général confédéral en ouverture du congrès.

Multiples lois contre le monde du travail, attaques frontales contre les services publics ou encore remise en cause permanente de la protection sociale créée par le Conseil national de la résistance… Ces dernières années, les mobilisations syndicales n’ont pas permis d’enrayer le cercle vicieux des reculs sociaux à mettre au passif des présidences Hollande et Macron. Et c’est bien là que la CGT a tout son rôle à jouer, tant sur le plan des propositions alternatives que de la capacité à contrecarrer ces politiques d’inspiration libérale.
Puisque la « contestation ne peut se conjuguer qu’avec propositions », Philippe Martinez insiste sur le « véritable projet de transformation sociale » porté par la CGT qui place « l’humain au cœur » et qui « offre des perspectives de progrès social ». Ce 52e congrès est l’occasion de mettre à jour le « nouveau statut du travail salarié » et la « sécurité sociale professionnelle » pour les adapter aux nouvelles réalités du monde du travail. Une augmentation des salaires d’au moins 20 % avec un SMIC à 1 800 euros, un âge de départ à la retraite à 60 ans, avec un taux de remplacement d’au moins 75 % des précédents salaires, la mise en œuvre d’une véritable politique industrielle, la prise en compte de l’urgence environnementale ou encore la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires font partie des revendications largement adoptées par le millier de congressistes réunis à Dijon. Et à ceux qui doutent de la faisabilité financière de ces réformes, Philippe Martinez répond que « de l’argent, il y en a beaucoup pour satisfaire les besoins sociaux ». « Ce ne sont pas les dépenses qu’il faut réduire, mais bien les recettes qu’il faut augmenter en taxant le capital et les ultra-riches », ajoute-t-il.
Les propositions de progrès social ne manquent pas, encore faut-il peser suffisamment pour les imposer. Après des années marquées par la baisse du nombre d’adhérents et la perte de la première place en matière de représentativité, la CGT doit redoubler d’efforts pour reprendre sa place de première organisation syndicale du pays. Pour ce faire, outre la nécessité pour chaque structure de la CGT de réapprendre à pleinement travailler ensemble et en pleine complémentarité, le congrès décide de concentrer son action en direction du terrain, au plus près des travailleurs. Et ce, notamment, là où elle n’est pas implantée. Près d’un tiers des travailleurs aujourd’hui n’est pas au contact de la CGT, ce qui explique notamment le recul en termes de représentativité et de syndicalisation. « L’ambition de la CGT est d’inscrire dans la durée le déploiement de toutes ses forces pour être tournée vers les travailleurs là où ils sont, dans les conditions dans lesquelles ils travaillent, ou ne travaillent pas ou trop peu », peut-on lire dans le document d’orientation adopté par le congrès. C’est ainsi que la CGT se développera à nouveau et sera à même d’établir un rapport de forces favorable aux revendications des travailleurs. « Au cœur du travail pour bâtir l’avenir » est le titre du programme du nouveau mandat pour Philippe Martinez et la nouvelle direction confédérale. « L’avenir », ce sera dans trois ans lors du prochain congrès pour constater si oui ou non, la CGT aura su se mettre en mouvement pour reprendre sa place de leader syndical.

Urselin Menot