Carton rouge à Macron

-Par Sébastien Laborde, secrétaire départemental du PCF et membre de l’exécutif national-

Les manifestations du 1er mai, notamment à Paris ont révélé si besoin en était la stratégie obscure du gouvernement et de son ministre de l’Intérieur. En gazant et frappant sans discernement tout en laissant les « blacks-block » agir, l’ordre avait été donné d’entretenir un climat de crainte et de tension.
Quel contraste entre les images parisiennes et celles de cortèges partout en France, dont celui de Bordeaux, où gilets jaunes et gilets rouges, militants syndicaux et politiques, citoyennes et citoyens défilaient côte à côte dans des cortèges souvent deux fois plus nombreux que lors des années précédentes.
Ce gouvernement ne sait pas comment sortir de la crise politique dans laquelle il est désormais. Les annonces du Président ne répondent en rien à l’aspiration à vivre dignement et à être respectés et entendus. C’est depuis des semaines une immense aspiration à la justice sociale, à la justice fiscale, à être entendus qui s’exprime sous diverses formes.
Et si cette aspiration venait bouleverser le scenario établi de l’élection européenne ? Le Président de la République, lui-même, fait tout pour éviter le débat nécessaire au plan européen : comment sortir de l’échec des politiques d’austérité pour sortir de la crise sociale qui sévit partout en Europe et qui, faute d’alternative, voit monter l’extrême droite et les nationalistes partout dans les 27 pays de l’Union ?
La liste conduite par Ian Brossat porte incontestablement cette double aspiration : sanctionner Macron, et porter l’exigence d’une alternative aux politiques d’austérité partout en Europe.
Le Président de la République pour étouffer encore plus le débat a fixé à 5 % la limite pour avoir des élus. Seule la France compte cette règle inique. Nous pouvons déjouer ce piège dans les 3 semaines qui restent avant le vote.
L’abstention forte, et notamment celle des catégories populaires est la meilleure alliée du Président Macron. Arrivant en tête ou second derrière l’extrême droite, il pourra poursuivre sa politique de casse de nos services publics, nos droits, nos solidarités.
Ce week-end, la fête de l’Humanité Gironde marquera, avec le grand meeting de Ian Brossat dimanche après-midi, le départ de la dernière ligne droite avant l’élection européenne du 26 mai.
Un week-end pour faire reculer l’abstention et le fatalisme, un week-end d’espoir et de construction collective, un week-end de fête populaire et de politique comme les communistes savent le faire, ouverts et rassembleurs.