Département : Ça craque chez les assistant·es sociaux

Les assistants sociaux du Département de la Gironde étaient en grève le lundi 24 juin avec un rassemblement devant l’Immeuble Solidarité de la Direction générale des Affaires sociales (DGAS) en début d’après-midi pour dénoncer le manque de postes et la mise en place d’un redéploiement, alors que les élus départementaux votaient le budget secondaire.

À l’appel d’une intersyndicale CGT, CFDT, SUD, FSU, FA, ont eu lieu, outre le rassemblement à Bordeaux, des mobilisations dans les Maisons Départementales de la Solidarité et de l’Insertion (MDSI) de Teich/Lanton, La Réole, Eysines… Après plusieurs mois de dialogue social la situation semble bloquée. Le Département propose un redéploiement de 12 postes, rejeté par l’ensemble des organisations représentatives, et la création de 12 postes quand les organisations en demandent 24.
Il y a 36 MDSI en Gironde, avec 370 assitant-e-s sociaux qui accompagnent les Girondin-e-s dans leurs besoins d’aide financière, de protection, de logement, et d’emploi. Cela représente un budget de 1 milliard 700 millions euros pour le Département qui affiche et revendique une politique volontariste dans ce domaine. Pourtant, il aura fallu, en mai et juin 2018, une mobilisation importante pour que 5 postes d’assistants sociaux soit créés, dans toute la Gironde. Un département qui accueille 20 000 habitants supplémentaires, chaque année, « et pas que de riches Parisiens », ironise Manuel Haneuse du syndicat autonome de la Fonction publique territoriale (FA-FPT). « Ils ont déterminé ce qu’ils appellent des indicateurs de charge de travail à partir desquels il décide qu’une MDSI est en excédant ou déficitaire en effectif. Ce sont, en fait, des indicateurs de performance qui ne servent qu’à justifier l’austérité. Ils considèrent certaines tâches mais pas toutes. C’est une approche gestionnaire et comptable du travail social et comme le dit l’intersyndicale : c’est déshabiller Paul pour habiller Jacques quand Paul est déjà en tenue d’Adam. Derrière la vitrine de la solidarité, ça craque de partout. Ce que les élus de la majorité veulent mettre en place, c’est une machine à risques psychosociaux. Depuis plusieurs mois, l’ensemble des organisations syndicales exprime son opposition mais ils ne veulent rien entendre. »
« Nous sommes confrontés à des problématiques de plus en plus lourdes, complète Corinne Normand, secrétaire générale CGT du Département, concernant la protection de l’enfance ou la précarité, avec de moins en moins de moyens pour y répondre, cela entraîne parfois des situations de violence. On nous propose de retirer des postes à Bordeaux où ça fonctionne normalement pour les attribuer à des circonscriptions sous dotées. Certes, il y a du bon travail de fait sur certaines circonscriptions de Bordeaux mais il y a aussi des quartiers qui grossissent, comme Saint-Jean et Bastide, avec aucun moyen supplémentaire. Quand le Département parle de 57 postes créés, 12 à venir, il oublie de préciser que ce ne sont pas tous des postes d’assistant-e-s sociaux. À la CGT, nous estimons qu’il faudrait au moins 38 postes supplémentaires. Pour faire un travail de qualité, un·e assistant-e peut gérer 25 situations au maximum. Aujourd’hui, on en est entre 50 à 70 pour la polyvalence et 100 à 150 pour les dossiers d’insertion ».
À l’issue du mouvement, lundi, les organisations affirment n’avoir pu négocier sur rien alors qu’elles rencontraient le Vice-Président en charge des Ressources Humaines, le Directeur Général adjoint à la Solidarité et la Directrice Adjointe aux Ressources Humaines.
Une motion de soutien du PCF
Les communistes du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre apportent « leur total soutien aux personnels de la MDSI du Teich en grève pour exiger des effectifs suffisants leur permettant de recevoir dignement les usagers. D’autant que ces derniers sont touchés par toutes les politiques d’austérité qui seront aggravées par les réformes annoncées : retraites, baisse des indemnisations du chômage, les augmentations des tarifs EDF, fermetures des entreprises, réforme de la fonction publique, etc… » « Les communistes sont du côté des salariés et fonctionnaires confrontés à la défense de leurs services pour les usagers », rappellent-ils.

Christelle Danglot