Éducation : appel unitaire à la grève le 17 juin Blanquer doit mieux faire !

Les syndicats de la FSU, de la CGT, de SUD, de la CFE-CGC dans le secteur de l’Éducation (public, privé, agricole…), la CNT mais aussi le mouvement des Stylos rouges, La Chaîne des bahuts ou encore le collectif Ensemble pour l’Éducation en Gironde appelaient à une grève le 17 juin, date de la première épreuve du baccalauréat, la philosophie, et de l’épreuve anticipée du bac de Français. Ce serait du jamais vu, ou presque, qui en dit long sur l’exaspération des enseignants. Ceux-ci demandaient à être reçus et enfin écoutés du ministre Blanquer.

« Que ce soit du côté des parents d’élèves ou des enseignants, l’inquiétude et la colère sont grandes devant les réformes du lycée et du baccalauréat, de la voie professionnelle, la loi dite de la “confiance” et l’ensemble des transformations du système éducatif imposées par le Ministre. Devant le mal-être croissant des personnels, paupérisés et toujours en proie à l’austérité salariale, mis devant de graves difficultés professionnelles, le ministre n’a jusque-là répondu que par le refus de toute discussion. Pire, des collègues faisant part de leurs critiques ont été victimes de rappels à l’ordre et de mesures d’intimidation ; les pressions et les méthodes de gestion autoritaires se développent. (…)
Les inégalités d’implantation des enseignements de spécialité et des options de la réforme des lycées, les difficultés d’emploi du temps, le rythme effréné des évaluations, un baccalauréat à valeur locale, les familles de métiers et la promotion du tout apprentissage en voie professionnelle, jusqu’aux incidents récents avec Parcoursup, les sureffectifs des classes et les suppressions de postes en collège : tout concourt à accroître les inégalités ».
Pour les enseignants, si le ministre persiste dans son refus de discussions rapides, il portera la responsabilité d’une perturbation dans le déroulement des épreuves du Bac.
Lycéen-ne-s solidaires
« Nous partageons le même attachement que vous à cette école de la solidarité, celle qui sauve, qui émancipe et à laquelle nous devons tant, a déclaré l’UNL, syndicat de lycéen. Nous partageons le même désespoir : les classes à 40 élèves, le manque flagrant de moyens et de matériel qui contribue à alimenter cette ambiance délétère au sein de nos lycées ». Les lycéens rappellent qu’eux aussi se sont mobilisés et que le gouvernement n’a pas bougé, ils considèrent donc qu’il faut des actions plus radicales pour « les faire descendre de leur tout d’ivoire ». « Si nous nous rendrons au lieu, à la date et à l’heure indiqués par nos convocations aux épreuves du baccalauréat, professeurs, professeures, vous avez tout notre soutien, car votre combat est juste, l’avenir de l’Éducation nationale en dépend ».
Du côté de la Rive droite, à Bordeaux, le collectif Ensemble pour l’Éducation 33 continue à mobiliser. « Grâce à notre mobilisation, Blanquer a bougé sur quelques lignes… Mais son projet reste le même de la maternelle à l’université », affirme le collectif sur les réseaux sociaux, dénonçant la mise en concurrence des enfants, des enseignant-e-s et des établissements avec les évaluations, la sélection et l’exclusion avec la réforme du bac et ParcourSup, le tri social avec les jardins d’enfants face aux écoles maternelles et les écoles internationales face aux écoles du socle, la casse du métier (formation au rabais, précarisation…) et la mise sous contrôle des enseignant-e-s.
Sur l’autre rive à Bacalan, enseignant-e-s, parents d’élèves et associations des 4 écoles se retrouvaient, mardi 11 juin, à l’école Charles Martin dès 18h pour une « nuit des écoles » visant à informer l’ensemble des parents de leur mécontentement et à faire savoir aux pouvoirs publics que la communauté éducative est toujours mobilisée.
Le texte du projet de loi, amendé par le Sénat, a renforcé les inquiétudes et les oppositions. Il devait être soumis à une commission mixte Sénat-Assemblée ce jeudi 13 juin.

Christelle Danglot