Référendum ADP : C’est parti !

La campagne de collecte des signatures pour soutenir le projet de référendum afin d’empêcher la privatisation d’Aéroports de Paris a commencé. Le bug informatique du démarrage n’a pas entamé la détermination de ceux qui ont permis l’organisation de cette procédure et qui se mettent en ordre de bataille pour relever le défi. Ils ont 9 mois pour récolter 4,7 millions de signatures.

La collecte des signatures nécessaires à l’organisation d’un référendum d’initiative partagée sur l’avenir d’Aéroports de Paris s’est ouverte le 13 juin avec un site internet dédié, mis en place par le ministre de l’Intérieur chargé d’organiser la consultation. Les premières heures ont connu quelques bugs, au point de provoquer la colère de ceux qui tentaient de signer. « Vous vous moquez vraiment de nous, Christophe Castaner ! », a tempêté Fabien Roussel, député et secrétaire national du PCF, tandis que Boris Vallaud (PS) ironisait : « On ne peut pas dire que la Start-up Nation aide beaucoup à la réussite de cette initiative démocratique. » Un problème de paramétrage, réglé depuis…
L’aventure enclenchée par 248 députés et sénateurs (du PC à LR) pour s’opposer à la privatisation controversée du groupe aéroportuaire, inscrite dans la loi pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), est donc lancée. Pour que ce Référendum d’initiative partagée (RIP) ait lieu, il faut qu’il recueille l’approbation d’au moins 10 % du corps électoral français, soit plus de 4,7 millions de personnes.

L’occasion d’une grande bataille à gauche

Pour les progressistes et les forces de gauche, c’est l’occasion de mener et de gagner une grande bataille unitaire. Des insoumis, des communistes, des écologistes, des militants de Génération·s ou de Place publique, des socialistes, des syndicalistes, de la CGT et de Sud, des militants d’Attac ou des Amis de la Terre, des artistes, des intellectuels ont ainsi signé une tribune publiée dans Le Monde (lire ci-dessous) pour affirmer qu’il fallait mener cette bataille « ensemble, par delà les chapelles et les querelles, les avec gilet et les sans gilet, les encartés et les non-encartés, les syndiqués et les non-syndiqués » afin de produire « une contagion de signatures ».
Mais c’est aussi avec LR que ces forces de gauche se réunissaient mercredi soir à la Bourse du Travail à Paris pour lancer la campagne de recueil des signatures et « faire décoller le référendum ». Aux côtés de Fabien Roussel (PCF), Clémentine Autain (LFI) ou Boris Vallaud (PS), les députés LR Gilles Carrez, Philippe Dallier et Alain Ramadier ont répondu positivement à la proposition réalisée par le communiste Stéphane Peu.

4,7 millions de signatures, et après ?

La campagne va durer neuf mois. Si les 4,7 millions de signatures étaient récoltées avant, la campagne se poursuivrait quand même jusqu’à sa clôture officielle fixée au 12 mars 2020. Le Conseil constitutionnel aura alors un mois pour valider ces soutiens en vérifiant qu’ils représentent bien au moins 10 % du corps électoral. Assemblée nationale et Sénat auront alors six mois pour examiner la proposition de loi. Si ce n’est pas fait, le président pourra alors la soumettre au référendum.

Comment signer ?

Deux options sont possibles : par internet ou dans une mairie. Sur le site referendum.interieur.gouv.fr, cliquez sur « Déposer un soutien à la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aéroports de Paris ». Il faut alors remplir des cases : nom, prénoms (comme sur votre acte de naissance), adresse (la ville est affichée avec le code Insee et non le code postal), … numéro de carte d’identité, date de son obtention, etc. Seules les personnes inscrites sur les listes électorales peuvent participer au RIP. La vérification se fait automatiquement.
Les signatures peuvent aussi se faire dans des mairies, une vingtaine par département. Le Conseil constitutionnel doit mettre en ligne une carte interactive mentionnant toutes les mairies concernées.