Solidarité à l’honneur à Bègles : Inauguration de l’Espace Jean-Simone et de la Maison Noutary

Ce vendredi 7 juin, la ville de Bègles consacre une cérémonie à l’inauguration de l’Espace Jean-Simone et la Maison Noutary, avec les représentants du Secours populaire et du Diaconat de Bordeaux.

Ce vendredi, la ville de Bègles rend hommage à Jean Simone, bénévole du comité du Secours populaire et figure de l’engagement solidaire dans la ville en baptisant de son nom les locaux de l’association. Cet acte très symbolique sera assuré par le maire de Bègles, Clément Rossignol-Puech qui inaugurera aussi la Maison Noutary tenue par le Diaconat de Bordeaux. Cette cérémonie est suivie d’un repas partagé avec les bénévoles, les personnalités et les personnes aidées par le comité de Bègles.
« L’association béglaise compte aujourd’hui 70 bénévoles, dont une part non négligeable de personnes aidées, plus ou moins actifs, explique Patrick Bassaler, secrétaire général. 140 foyers fréquentent notre permanence d’accueil et de solidarité, notamment des migrants ou des réfugiés. Ces locaux que nous occupons nous permettent d’assurer des distributions alimentaires, des braderies, des cours de Français, des arbres de Noël, un service coiffeur, des collectes alimentaires, notre participation à La fête de la Morue, loto, vide-grenier, défilés de mode, ramasses… »
Le comité compte parmi ses partenaires les grandes enseignes de la grande distribution et de la boulangerie ainsi que des entreprises plus locales comme La Mipp, Brel Publicité, Châteaux Crus et traditions, Terroir du Sud Ouest, Biocoop et le Cinéma Le Festival. Une activité toute aussi florissante qu’indispensable et dont Jean Simone pouvait être fier.

Une vie de solidarité

Jean Simone est décédé le 30 décembre 2017. Il avait participé à la création du comité local et de la fédération de la Gironde du Secours populaire français.
Enfant de l’assistance publique, Jean Simone a vécu en Auvergne, dans une famille d’accueil avec laquelle il a toujours conservé des liens. Jeune homme, il s’est engagé dans l’armée et s’est retrouvé en Indochine, à l’époque où la France y menait une guerre coloniale, il en revient convaincu que le combat des Viet Minh est juste.
Pour transformer la société qu’il trouve mal faite et injuste, Jean Simone s’engagera sur le plan politique – c’est au Parti communiste qu’il rencontre son épouse Suzette –syndical et solidaire. Il fait ses armes à l’Institut national de la recherche agronomique qu’il intègre fin 1951, après une formation de moniteur agricole au Maroc.
Militant infatigable, il est de toutes les réunions, de toutes les manifestations, de toutes les grèves. Et Jean Simone n’a pas oublié d’où il vient. Il devient alors un collecteur hors pair en faisant sienne la devise du Secours populaire français (SPF) : « Tout ce qui est humain est notre ». Avec quelques amis, il organise la solidarité sur Bègles en 1968, depuis son domicile mais le comité du SPF sera créé officiellement en 1974, dans un local prêté par la municipalité dans l’école maternelle Ferdinand Buisson.
Au début, donc, un petit groupe, soutenu d’une cinquantaine de donateurs, met en mouvement des enfants pour participer aux collectes des Journées nationales des aveugles, des paralysés et des handicapés. Ils organisent des cueillettes de fleurs, récupèrent des croissants auprès des boulangers pour les vendre le dimanche matin dans les grandes cités de Bègles. L’argent ainsi collecté sert à acheter des sacs de charbon pour les personnes âgées.
Pendant la période de Noël, les enfants collectent des jouets que les bénévoles portent dans les familles. La veille de Noël et du jour de l’an, une aide alimentaire est aussi apportée à celles qui en ont besoin. Une distribution a d’ailleurs lieu une fois par mois dans une salle prêtée par la mairie.
L’activité prend une nouvelle ampleur, à partir de 1994, avec la mise à disposition d’un local municipal, rue Noutary. L’association n’a depuis cessé d’évoluer, localement et nationalement, pour le plus grand plaisir de Jean Simone qui avait pris à bras le corps la vente des billets de la grande tombola annuelle, le Don’action, dont il a été un remarquable vendeur jusqu’au bout.
Il est, aujourd’hui encore, un exemple pour les bénévoles du SPF, et bien au-delà.

C.D.