Bordeaux Bacalan : Le logement, au cœur des débats de la Fête des libertés

Le 13 juillet, le PCF organisait la traditionnelle Fête des libertés au coeur du quartier Bacalan à Bordeaux, un moment politique dans un cadre à la fois populaire et politique, de plus en plus apprécié.

Samedi, en fin d’après-midi, à l’ombre des platanes du parc de Bacalan, le public s’installe autour de Claude Mellier, vice-présidente communiste de la Métropole, et de Vincent Maurin, ancien conseiller municipal PCF de Bordeaux. C’est l’heure du débat de la Fête des libertés, sur le thème « Mieux vivre à Bordeaux, enjeu des municipales ». Jusque-là, l’après-midi aura été consacrée au concours de pétanque et aux parties de belote. Les plus jeunes se seront quant à eux arrêtés sur le stand de Georges Gili consacré à l’aéronautique. Il côtoie désormais celui d’Irène Chollet, artiste locale, qui finalise son installation. À la buvette, les crêpes connaissent déjà un franc succès, alors que les amis, non encartés mais solidaires de la cellule PCF de Bacalan, commencent à arriver pour prêter main forte aux communistes du quartier, plus tard, quand il s’agira de servir la fameuse sucette bacalanaise au bœuf de Bazas. Le débat s’ouvre. Les musiciens du groupe Son Neto, eux, s’activent pour préparer la scène. Tout à l’heure, leurs musiques cubaines donneront le bon tempo d’une soirée mêlant douceur estivale et solidarité avec l’île de Cuba. Fin connaisseur du sujet, Jean Querbes viendra d’ailleurs en donner les ressorts géopolitiques.
Mais pour l’heure, c’est le débat sur les enjeux locaux. Pas de temps mort. Le sujet du « Mieux vivre à Bordeaux » libère la parole, car il y a tant de choses à dire. La problématique des transports circule. Puis c’est autour du logement que l’on échange, que l’on débat entre communistes, camarades d’autres partis, sympathisants de gauche, mais aussi d’habitants du quartier pas forcément politisés mais heureux de trouver un espace d’expression. « Marre du bétonnage », « il n’y a pas d’espaces d’échanges, de vie, dans les nouveaux grands ensembles », entend-on. Le sujet du logement social, dont la part est trop faible, arrive vite, comme celui, on s’en doute, de la flambée des prix de l’immobilier. L’occasion de rappeler que la veille, les élus communistes à la Métropole sont intervenus pour demander la mise en place de l’encadrement des loyers, pour contrer une spéculation gonflée à la LGV. La lutte à mener face à Airbnb, en citant l’exemple du combat de Ian Brossat à la mairie de Paris, est également citée.
Un intervenant rappelle l’enjeu de la maîtrise publique de l’accès au foncier, qui peut nourrir des projets solidaires. Jean-Jacques Bordes, secrétaire de la section PCF de Bordeaux, souligne que la politique du logement doit tenir compte des besoins, mais aussi être reliée avec les zones d’emploi. L’exemple de la rue Saget, dans le quartier de la gare, où après une concertation purement formelle un projet de 50 000 m2 de commerces voit le jour, vient illustrer les aspirations à davantage de démocratie locale, en berne dans bien des sujets. Pour Vincent Maurin, c’est avec un PCF portant des messages forts que la population bordelaise s’emparera pleinement du sujet. On en cite un, parmi d’autres : « Pas de nouveau quartier sans que l’école et la crèche soient déjà prêtes ».
Le débat est riche, mais il doit s’arrêter. C’est l’apéro en chansons, avec quelques voix de l’Ormée, qui prend la suite. Un véritable feu d’artifice de chants de lutte, avant celui, à la nuit tombée, tiré par la Ville de Lormont. Au Parc de Bacalan, on était aux premiers rangs, pour regarder le ciel comme vers les municipales.

O.E.