Ils vivent ici, ils travaillent ici, ils restent ici !

-Par Vincent Boivinet, membre de l’exécutif du PCF 33 et du Conseil national-

On connaissait la trêve hivernale, qui protégeait les plus fragiles face aux coupures d’électricité ou d’eau, ou face au expulsions.
Nous connaissons aujourd’hui, en ce qui concerne les expulsions, une véritable guérilla estivale !
Depuis maintenant 15 jours, la préfecture de la Gironde est en train de démanteler méthodiquement les squats qui existent sur la métropole bordelaise et aux environs. Et, comme par hasard, ce sont les squats qui sont le plus suivis par les associations de solidarité qui sont frappés en premier. Sonnant ainsi la sentence : votre solidarité ne nous fera pas reculer, elle ne nous impressionne pas et nous ne vous laisserons pas faire émerger les bribes d’une société plus solidaire.
Il est également important de savoir que la préfecture de la Gironde refuse de communiquer les dates des expulsions aux collectivités concernées, cela afin d’éviter les fuites qui pourraient permettre aux associations d’être présentes et témoigner des expulsions.
Et tout cela se produit alors qu’il y a un an l’INSEE évaluait à plus de 22 000 le nombre de logements vides sur la métropole.
Nous assistons, avec le démantèlement de squats, à une véritable catastrophe à plusieurs niveaux.
Avant tout, une catastrophe humaine : ce sont des familles, enfants, femmes et hommes qui se retrouvent du jour au lendemain sans toit, mais aussi complètement isolé·es. Des familles qui bien souvent travaillent, dans les vignes ou dans l’hôtellerie, avec souvent même des contrats de travail.
C’est aussi un véritable gâchis du travail qu’effectue l’ensemble des acteurs engagés aux côtés de ces réfugiés. Associations, citoyens, travailleurs sociaux, et même certaines collectivités, font un travail remarquable. Lors du démantèlement d’un squat, les personnes chassées se retrouvent démunies : il leur est généralement, et illégalement, refusé de prendre leurs effets personnels. C’est ainsi que toutes les démarches entreprises se retrouvent anéanties.
Les élus et militants communistes n’acceptent pas de telles pratiques, nous ne pouvons pas laisser faire au nom de l’état de Droit. C’est d’une autre société dont nous avons besoin, plus solidaire, plus fraternelle.
Il est impératif que la préfecture cesse son action qui crée bien plus de problèmes qu’elle n’en résout.
Il faut mettre dignement toutes ces populations à l’abri et, pour cela, il faut réquisitionner les logements vides de la métropole, d’autant plus lorsqu’ils sont laissés vacants à des fins spéculatives.
Enfin, il faut enclencher un grand plan de régularisation de l’ensemble des réfugiés sur notre territoire, ils vivent ici, ils travaillent ici, ils restent ici !