Référendum ADP : Vers un million de soutiens en septembre

Le PCF sera mobilisé, cet été, pour le RIP contre la privatisation d’Aéroports de Paris. L’objectif est d’obtenir au moins 1 million de soutiens d’ici septembre.

La collecte des signatures pour ouvrir la voie au référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) a passé le cap des 10 % des 4,7 millions de soutiens nécessaires, la semaine dernière. Mais, avec l’été, les initiatives se multiplient pour ne pas perdre le rythme. « Nous allons aller crescendo », a promis mardi la sénatrice communiste Éliane Assassi à l’occasion d’une conférence de presse, évoquant la mobilisation des militants et élus communistes, des rendez-vous estivaux et le temps fort que sera la Fête de l’Humanité, en septembre. « Je pense que, malgré toutes les difficultés, nous pourrons aboutir à au moins 1 million de soutiens en septembre », ajoute l’élue. « À chacune de nos initiatives, nous réunissons des centaines de signatures malgré le site digne de l’époque du Minitel », appuie le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, tandis que les critiques à l’égard du dispositif gouvernemental se sont multipliées depuis son lancement, le 13 juin. Encore aujourd’hui, souligne le député PCF Stéphane Peu, qui transformera sa permanence en lieu de collecte dès la semaine prochaine, « énormément de gens, pourtant pas réfractaires à Internet, ne parviennent pas à apporter leur contribution ».
Si, selon le décompte quotidien de CheckNews, le rythme de la collecte est tombé à 5 000 signatures en 24 heures en ce début de semaine, le nombre de soutiens engrangés permet de garder de l’avance. Et la démarche, engagée par 248 parlementaires de toute l’opposition (hors RN), peut puiser dans un large réservoir : 75 % des Français se disent « prêts à signer une pétition pour réclamer l’organisation (de ce) référendum », selon un sondage YouGov.

Pour la mise en place d’un « comité de suivi »

Pour animer cette campagne qui durera jusqu’en mars 2020, un nouveau collectif doit voir le jour ce jeudi, a aussi annoncé le PCF. Sous le nom de « marée populaire », celui-ci doit regrouper formations politiques, associations, syndicats… Il pourrait organiser, tout au long de ces huit mois, des rendez-vous nationaux. En attendant, les parlementaires réunis sous l’acronyme CNR (pour Coordination nationale du référendum) ne baissent pas la garde. Outre un courrier au ministre de l’Intérieur pour demander la mise en place d’un « comité de suivi » avec une rencontre hebdomadaire, ils se sont également adressés aux radios et télévisions publiques, ainsi qu’au CSA « pour que dans les meilleurs délais possibles, des dispositions soient prises pour organiser l’information » sur cette procédure qui relève, soulignent-ils, d’un « droit constitutionnel ». Des courriers restés lettre morte jusqu’à lundi, ce qui laissait envisager aux parlementaires une mobilisation devant France Télévisions. En soirée, le CSA a fini par répondre proposant un rendez-vous la semaine prochaine. À suivre…

Opération #10DePlus !

Le collectif signons.fr lance l’opération #10deplus avec un message simple : « En passant les 470 000 signatures, notre campagne entre dans une nouvelle étape : si chaque signataire parvient à convaincre 10 personnes, les 4,7 millions seront atteints ! »
Le collectif rappelle qu’il s’agit ici d’une campagne nationale, tout à fait sérieuse et officielle. Elle est portée officiellement par le gouvernement (suite à la mobilisation de 248 députés de tous bords) mais qui n’assume pas son service après-vente.
Nous avons tous une bonne raison de signer pour obtenir ce referendum : pour la Démocratie, pour les Services publics, pour le Social, pour l’Ecologie, contre le capitalisme, contre l’oligarchie.
Les tracts et affiche édités par Fakir sont disponibles à La Clé des Ondes (71 cours Edouard Vaillant à Bordeaux).

Une permanence à Mérignac

Les communistes de Mérignac tiennent une permanence les mardis de juillet, de 16h à 20h, dans leur local 14 avenue de Belfort à Merignac.
« La cession des aéroports de Paris au secteur privé n’est pas une bonne chose pour notre pays. Ce gouvernement brade nos services publics qui satisfont les intérêts des multinationales. La privatisation des services publics démontre les effets néfastes pour nos concitoyens. Il suffit de se rendre compte de la situation dans les hôpitaux, de la SNCF, de la poste, l’éducation nationale, etc.
Pour ces raisons, la tenue de ce référendum est devenue essentielle tant la privatisation annoncée porte en elle tout un choix de société. Les cessions d’actifs publics sont un point saillant des politiques néolibérales. » Pour ces raisons, les militant-e-s invitent les citoyen-ne-s à participer à ce referendum soit directement sur le site :
www.referendum.interieur.gouv.fr
soit en se rendant à la permanence du PCF à Mérignac.

Les militants communistes béglais étaient sur le marché samedi 6 juillet pour appeler à signer le soutien pour un référendum sur la privatisation des Aéroports de Paris.

Privatisation d’ADP : Campagne de signatures lancée à Bordeaux

Jeudi 27 juin, à la Bourse de travail, forces citoyennes, syndicales et politiques opposées à la privatisation d’Aéroports de Paris, étaient réunies à Bordeaux pour lancer la campagne de signatures qui permettra d’obtenir un référendum d’initiative partagée (RIP).

Xavier Ridon, de la Clé des Ondes et Fakir, a pris l’initiative de cette soirée de lancement, qu’il anime, remerciant la CGT pour son accueil à la Bourse du travail, pour « lancer la mobilisation avant que les militants partent en vacances ». Il explique la volonté pour la radio de participer à l’information sur ce référendum « car on a bien compris que le gouvernement n’a pas l’intention de le faire et que médiatiquement, le soufflet retombe ». Il propose aux participants de prendre la parole pour expliquer les raisons de leur engagement dans cette campagne puis de se réunir par secteur géographique pour décider d’actions communes.
Graziella Danguy, du collectif de défense des services publics et co-organisatrice la soirée commence en assurant que tout le réseau du collectif réparti sur le territoire va s’engager dans cette bataille comme il l’a fait en milieu rural, à Blaye ou La Réole, pour la défense l’hôpital public ou en centre ville de Bordeaux, contre les fermetures de bureaux de la CAF ou de La Poste : « Cette soirée vise à lancer un grand mouvement, à mobiliser le maximum de personnes pour reprendre la main sur la question des services publics. »
Corinne Versigny, secrétaire de la CGT dans le département, enchaîne exprimant son plaisir d’accueillir cette assemblée dans le cadre « de la lutte que l’on a à mener ensemble contre la privatisation d’ADP ». Elle rappelle que le syndicat CGT d’ADP s’est battu « des mois et des mois » contre cette privatisation, les restructurations avec une perte d’emploi, la dégradation des conditions de travail, etc. « ADP rapporte 4 milliards d’euros par an à l’État. C’est notre patrimoine que ce dernier a décidé de vendre ». La responsable de la CGT met la situation d’ADP en parallèle avec celle de la SNCF. « ADP a été passée en société anonyme, qui, depuis, ce sont 1470 emplois qui ont été supprimés. C’est la première étape avant de vendre un fleuron aux appétits financiers qui vont se faire un max de pognon ». L’organisation entend impliquer ses 17 000 syndiqués dans le département et rappelle qu’il n’y a qu’une adresse internet pour signer : www.referendum.interieur.gouv.fr.
Bernard Coadou, du collectif « La santé un droit pour tous », rappelle comment en fermant Robert Picqué, on transfère les patients à une structure privée, quelle que soit la qualité de ses services, ou encore comment, à La Réole, par exemple, on casse la proximité du service. Alain Reiller de la FSU33 interpelle sur la nécessité de discuter de « comment on va mobiliser ? ». « On voit bien comme c’est difficile avec les collègues de l’Éducation nationale qui sont pourtant au bord du gouffre, ça ne va pas aller de soi, il faut travailler ». Sylvie, qui participe au mouvement des gilets jaunes, relève qu’au delà de la question économique que pose la privatisation d’ADP, il y a la question démocratique de se réapproprier le pouvoir politique. Elle lit à l’assemblée l’Appel de Saint-Nazaire pour montrer à quel point cet enjeu intéresse le mouvement des gilets jaunes.
Représentants des Verts, du PS-MJS, du PCF, de Génération’s, de Nouvelle Donne s’expriment autour de l’enjeu économique, démocratique mais également écologique que représente la maîtrise publique sur les Aéroports comme sur les barrages. « Demain avec Macron, on sera locataire de notre pays », ironise Loïc Prud’homme, LFI, seul parlementaire présent alors que Laurence Harribey, parlementaire socialiste, n’avait pu se déplacer.
Après cette soirée, des premières actions ont eu lieu sur les marchés de Talence et Mérignac où encore dans la manifestation des personnels des services d’urgence mardi.

Christelle Danglot