Retour sur l’actu de la JC : Quelques lignes brouillées sur un cahier

À l’occasion de l’été, les jeunes communistes de Gironde vous proposent de revenir sur des temps forts qui ont marqué cette année. Cette semaine, en lien avec l’actualité, il est question d’Éducation.

Une feuille blanche. Voire même en fait, pas de feuille. C’est la solution des professeurs du secondaire corrigeant le bac pour protester contre la réforme Blanquer : ne pas rendre les copies. Tentative audacieuse et qui a provoqué un raz de marée au ministère : comment ? Des professeurs oseraient perturber le processus du bac ? Qu’à cela ne tienne, nous inventerons des notes s’il le faut mais les résultats du bac seront publiés. Et plutôt que d’écouter les revendications des acteurs de l’éducation, le choix a été fait de culpabiliser les grévistes.
Cette mobilisation professorale survient après de nombreuses réformes : système Parcoursup, loi orientation et réussite des étudiants, réforme des lycées Blanquer. Cet ensemble peu à peu enferme l’élève dans une situation sociale face à laquelle les portes de sortie sont très fines.
Parcoursup tout d’abord. Destinée aux élèves en fin de lycée, cette plateforme électronique est le serveur qui donne les affectations aux élèves pour leur orientation post-bac. Alors que le nombre d’élèves voulant aller en fac augmente, l’investissement financier n’a pas suivi, et très vite les places en études supérieures deviennent chères. Parce qu’il est plus intéressant pour un gouvernement libéral de supprimer l’impôt sur la solidarité ou de financer un service national universel que d’améliorer globalement les conditions de l’école. La sélection se fera sur les notes, rentrées dans ce chapeau magique qu’est Parcoursup. Or le problème est celui des algorithmes locaux, ces parties opaques propres à chaque établissement du supérieur, qui peuvent décider qu’une note dans un lycée de banlieue n’a pas la même valeur qu’une note dans un lycée de centre ville. Une réalité sans doute, qu’un contrôle national tel que le bac permet de mettre au même niveau. La ségrégation sociale et géographique s’applique dès lors que le contrôle continu entre en compte.
Dans cette école où les élèves sont des compétiteurs, une nouvelle loi apparaît : la réforme Blanquer. La proposition : un lycée à la carte.
Proposition alléchante s’il en est. Un tronc commun d’où sont exclus les maths mais pour le reste assez complet, et une multitude d’options que les élèves choisiront, 3 en première puis 2 en terminale. Sauf que derrière cette apparente liberté il y a une réalité, celle des options qui ne seront pas présentées dans ce lycée, et de cet élève qui sera incité à aller dans un autre établissement s’il souhaite suivre ce cours. Carte scolaire quand tu nous tiens. On enseigne la géographie en cours pour qu’elle nous enferme dans la réalité. (Je vois l’idée mais c’est un peu maladroit non ?)
La suppression de thématiques comme la travail et les idées de Marx ou l’inconscient et les idées de Freud en philosophie, la concurrence entre les lycées pour avoir un nombre suffisant d’élèves pour maintenir une option font que l’élève devra choisir son orientation post bac le plus tôt possible, dès la première, voire même le collège, pour aller dans un lycée qui présente l’option déterminante.
Face à cette nouvelle réalité, une autre voie s’ouvre dans une boîte mail. Une prépa, ou une école payante, qui nous annonce que « déçu-e par Parcoursup, notre école vous ouvre ses portes ». Une manne financière alors que, selon la Société financière internationale, le marché de l’éducation privé représenterait 380 milliards d’euros. L’élève n’est plus qu’un agent économique à qui on demande de se spécialiser dès la fin du collège et dont le futur sera déterminé par son milieu social.
Néanmoins, loin de ces doctrines libérales, des solutions existent. Celles du mouvement des jeunes communistes sont nombreuses : création d’un service public de l’orientation, gratuité du matériel de formation, ouverture des places là où la demande est forte, offre de formation répartie égalitairement sur l’ensemble du territoire, obtention d’un revenu pour les jeunes en formation et droit au retour à la formation.
Autant de propositions qui sortent des réformes actuelles libérales mais qui sont une nécessité pour garantir une éducation de qualité, qui est une base de la démocratie.
Alors nous continuerons à être en manifestations, à bloquer les établissements et à soutenir jeunes et travailleurs éducatifs, comme nous avons pu le faire cette année. Et nous militerons pour garantir une école émancipatrice en toute circonstance. Notre avenir. Nos choix. L’éducation est un droit.

Clémence