Un nouveau projet émancipateur pour l’école

-Par Sébastien Laborde, secrétaire départemental et membre de l’exécutif national du PCF-

Le ministre de l’éducation impose ses réformes coûte que coûte. L’objectif est simple : d’une part franchir une étape dans l’individualisation des parcours scolaires livrant chacune et chacun à une concurrence débridée dans laquelle celui qui n’a que l’école pour apprendre aura très peu de chances de s’en sortir ; d’autre part ouvrir l’éducation aux forces de l’argent.
Certes, l’école reproduit les inégalités sociales, pire, elle les creuse faute de moyens et de réformes d’ampleur. Mais les lois Blanquer aggraveront cette situation et les conditions d’enseignement et de réussite pour les enfants de familles populaires.
Lycéens, enseignants, parents d’élèves alertent depuis des mois, le Conseil supérieur de l’éducation a rejeté cette réforme. Le ministre refusant toute discussion, des enseignants ont fait le choix de ne pas rendre les notes des copies qu’ils ont corrigées. Qu’à cela ne tienne, le ministre a demandé aux jurys d’en inventer pendant que le président de la République évoquait une prise d’otage. On voudrait tuer un diplôme, on ne s’y prendrait pas autrement, on voudrait discréditer un métier, non plus.
Dans le même temps, vendredi dernier, 400 écoles de village ont fermé définitivement leurs portes. L’école rurale est pourtant l’un des fleurons de l’éducation parce que c’est le lieu, peut être plus qu’ailleurs, de l’innovation pédagogique, un lieu de relation particulière entre l’enseignant et les familles, un rapport différent dans le temps avec les élèves, un pilier de la République et du vivre ensemble, et souvent le dernier service public avec la mairie présent sur un territoire.
Enfin, la précarisation et la dévalorisation des métiers de l’éducation sont accélérées : plus de 20 % de contractuels dans les collèges et lycées, et l’arrivée de personnes non formées et sans statut dans les écoles primaires, sous le prétexte de faire des économies.
Pour ce gouvernement, c’est la loi de l’argent roi qui prime dans tous les domaines et pour les enfants de pauvres le – lire, écrire, compter – suffira. M. Blanquer a beau dire, la France est 16e sur 19 dans l’OCDE pour ce qui concerne le budget alloué à l’éducation, les enseignants français sont parmi les plus mal payés en Europe, et les élèves français voient leurs résultats chuter d’année en année dans les différents classements en mathématiques et maitrise de la langue.
On voit bien comment ce gouvernement place l’école au cœur d’un projet de société entièrement tourné vers la satisfaction des intérêts de la finance et des forces de l’argent.
Face à cette attaque sans précédent, il est nécessaire de bâtir un nouveau projet pour une école émancipatrice. C’est la responsabilité de l’ensemble des forces de gauche, sociales et syndicales, associatives.
Après les vacances, ce sera un des défis qu’aura à relever la gauche pour reconquérir les catégories populaires, celles et ceux qui ne vivent que de leur travail.