Bordeaux : Grève des livreurs à vélo

Dimanche 1er septembre, dans le cadre d’un mouvement national, les livreurs à vélo étaient en grève, notamment pour protester contre la baisse du tarif des courses imposée par Deliveroo.

« Nous sommes ici une trentaine mais les grévistes sont plus nombreux, ils ne viennent pas car ils et elles ont peur d’être vus », explique Jeremy Wick, livreur chez Deliveroo. Autour de lui, les soutiens sont presqu’aussi nombreux : des syndicalistes de la CGT Ford, de Sud Rail… des militants politiques, du PCF notamment dont les parlementaires bataillent depuis de nombreux mois quant au statut, conditions de travail et protection sociale des travailleurs ubérisés.
D’ailleurs, ce dimanche soir sur la place Fernand Lafargue, il y a des livreurs de toutes les plateformes car les courses toujours plus mal payées, l’absence de protection sociale, etc. ça les concerne tou-te-s.
C’est le troisième rassemblement de l’été à Bordeaux et la pétition qu’a mise en ligne Jeremy a déjà recueilli 40 000 signatures. Auto-entrepreneur à 29 ans, il livre pour Deliveroo depuis 2 ans, à raison de 50h/semaine et 3 000 km/mois à vélo.
Lorsque Deliveroo met en place, fin juillet une nouvelle tarification sur les trajets courts (2,50 € au lieu de 4,50), il écrit : « Nous sommes ceux cachés derrière vos livraisons de repas, nos sourires polis vous souhaitant un bon appétit dissimulent une misère silencieuse que nous ne pouvons plus taire, pédalant toujours plus vite pour gagner toujours moins. Triste paradoxe. Dans une notion de partenariat plutôt floue, notre revenu minimum a été divisé par deux alors que le chiffre d’affaires de la société est, lui, multiplié par quatre. Le bénéfice de cette dernière ne fait qu’augmenter, aidé par un système de tarification volontairement opaque de plus en plus défavorable et ce, sans possibilité de négociation. Notre liberté de choix n’est donc qu’un miroir bien loin de refléter la réalité… »
C’est donc pour obtenir de Deliveroo une « collaboration saine et efficace » que les livreurs se bougent, en tout cas quelques uns en exigeant, pour tous :

  • le retour d’un tarif minimum par course décent et fixe,
  • la remise en place systématique des primes (intempéries, etc.),
  • l’affichage de la distance réelle avant d’accepter une livraison,
  • l’organisation officielle d’un corps représentatif de coursiers avec un réel pouvoir de négociation.
C.D.

Pour signer la pétition : « Obtenir des conditions de travail décentes et fixes pour les livreurs auto-entrepreneurs » sur change.org