Élections municipales 2020 : des propositions du pcf

Des élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars 2020 ainsi que l’élection des conseiller·es communautaires. C’est encore un peu loin mais, déjà, des candidatures se déclarent, dans un contexte de recomposition politique.

Au Parti communiste, on affirme d’abord son attachement au fait communal et aux moyens qui lui sont donnés pour répondre aux besoins des populations en terme de services publics, d’égalité et de citoyenneté, de vivre ensemble et pour faire des villes des acteurs de la lutte pour le climat, pour les solidarités, pour l’égalité femme-homme.

L’organisation entend être porteuse de propositions et d’une conception du rassemblement qui « rejette les vieilles pratiques hégémoniques d’où qu’elles viennent » et qui s’attache à construire des majorités populaires, de progrès, autour de projets qui répondent aux besoins.

Des projets qui vont se construire, donc dans les semaines, les mois qui viennent, en attendant, nous avons sollicité quelques élu·es et militant·es sur des thèmes précis sans pour autant réussir à faire le tour des questions importantes : il nous faudra, par exemple revenir sur l’école, l’emploi, la solidarité, ou encore la question des finances communales…

Communes : des choix politiques locaux, au service de la population

Les Communistes girondins et parmi eux les élus du PCF s’engagent résolument dans la campagne des élections municipales de 2020. Ils le font à partir des luttes sociales qui se sont développées sur le département et des actions politiques qu’ils ont menées sur le territoire girondin, affirmant ainsi les lignes de force du projet politique qu’ils ont déployé durant le dernier mandat : défense de la Commune, lutte contre les discriminations sociales et territoriales, développement des services publics, préservation de l’environnement, …

Au sein des institutions communales et intercommunales, les communistes ont fait nombre de propositions susceptibles d’améliorer le quotidien des citoyens. Ces choix politiques locaux, au service de la population, ne peuvent être tous énumérés tant ils sont nombreux et variés. Prenant en compte la réalité locale, si diverse et si riche, nous pouvons néanmoins dégager quelques axes programmatiques :

Se déplacer et préserver l’environnement :

Notre proposition de ligne de ceinture SNCF allie ces deux exigences au cœur des préoccupations des populations girondines.

Se loger :

Créer les conditions d’une part à 40% minimum de logements sociaux dans les constructions neuves. Agir pour l’encadrement des loyers.

Développer les solidarités :

Le développement des Services Publics est la pierre angulaire de cette politique que l’on peut illustrer par notre proposition de créer un Service Public de l’Autonomie pour les personnes âgées conçu et organisé à partir des Services Publics sociaux existants. Nous réaffirmons notre volonté de maintenir et développer le statut de la Fonction Publique Territoriale, gage de l’égalité d’accès aux emplois et de l’égalité de traitement des usagers.

Défendre l’échelon communal :

En garantissant les moyens financiers des Communes et en exigeant, par exemple, la compensation à 100% de la suppression de la Taxe d’Habitation par l’Etat ; en développant la démocratie locale et la participation des citoyens ; en engageant une réforme de la fiscalité locale qui permette à toutes les collectivités d’assumer toutes leurs compétences dans le cadre d’une péréquation nationale.

Ces propositions ne tendent pas à l’exhaustivité, elles représentent néanmoins quelques axes forts du projet communiste de territoire. Un projet porteur de perspectives et d’espoir.

Patrick Alvarez, président de l’Association départementale des élus communistes et républicains, conseiller municipal de Le Bouscat

Transports : les communistes pensent l’avenir avec le service public et un métro à Bordeaux

Les services publics : Indispensables dans une société moderne

Nous entendons souvent les politiques dire tout leur attachement aux valeurs du service public, alors rappelons-en ici les grands principes : égalité, accessibilité, adaptabilité, continuité et neutralité. Rien que leur évocation nous démontre que, depuis de trop longues années, chaque principe est attaqué plus ou moins lourdement. Pour nous les communistes bordelais et métropolitains, ces élections municipales sont l’occasion à saisir pour reconstruire, améliorer parfois créer le service public nécessaire pour tous les habitants. Le logement, les transports, l’énergie, la petite enfance, l’école et la culture sont directement des prérogatives de la ville et/ou de la métropole. Rénover les écoles, ouvrir plus de classes, favoriser les crèches municipales, créer des maisons de santé avec différents spécialistes, revenir sur les fermetures des urgences, guichets postaux ou administratifs, aménager la ville pour mieux y circuler en tant que piéton ou cycliste, développer de nouveaux transports en commun et tendre vers la gratuité, construire massivement des logements sociaux pour que tout le monde puisse vivre à Bordeaux, augmenter le budget dédié à la culture pour aider les artistes peu connus, créer des lieux de rencontre, sortir de la logique de mécénat pour se réapproprier notre histoire, nos biens. Mais aussi créer de l’emploi en créant une nouvelle économie du fleuve, en favorisant l’implantation d’artisanats et de commerces de proximité, en s’inscrivant dans des projets de développement durable et donc d’emplois « verts » etc. 

La liste est longue et non exhaustive car, avec les services publics, ce sont toutes les facettes du quotidien qui sont prises en compte. Et soyons clairs, les grands groupes, les promoteurs immobiliers qui s’enrichissent d’année en année, les grandes entreprises, qui licencient au lieu d’embaucher, doivent participer au financement du service public à la hauteur de nos exigences pour que les habitants de Bordeaux ne soient plus les seuls à en supporter le coût, sans réelle contrepartie pour leurs droits, leur dignité, leur qualité de vie. Voilà, en quelques lignes la démonstration qu’il ne s’agit pas d’une notion un peu vague mais réellement d’une volonté politique de transformer le quotidien des Bordelais. 

Avec un large rassemblement, nous pouvons retirer Bordeaux des mains des nantis, confortablement installés, pour permettre plus de mixité, de démocratie et d’entraide. Pour faire que Bordeaux ne soit pas seulement la grande magnifique mondialement reconnue pour son vin, son histoire et ses restaurants mais aussi pour son intelligence sociale, économique et humaniste. 

Bordeaux la belle réveillée, la belle éveillée, la belle épanouie… Bordeaux en mieux. 

Servane Crussière, section de Bordeaux

Logement : Toujours une urgence, et quelques pistes de réflexion

La situation à laquelle nos concitoyens sont confrontés, c’est : une part toujours plus importante de leur budget consacrée au logement – cette part est d’autant plus importante qu’on est pauvre ! – ; de plus en plus de gens vivent dans des situations précaires ; le prix des loyers ne cesse d’augmenter ; la file d’attente pour un premier logement social s’allonge quand la production stagne, voire régresse, même si un réel effort de construction a été fait sur la Métropole ces dernières années. 

Un logement décent pour tous devrait être une priorité. Mais cette priorité ne peut pas se « réfléchir » isolément. Un logement, c’est fondamental, mais il faut aussi pouvoir répondre aux besoins des citoyens de travailler, de se déplacer, répondre aux besoins de services publics au sens large avec des écoles, des loisirs, etc.

Répondre au besoin de logement, revient donc à répondre à un ensemble d’exigences. Mais il y a parfois des contradictions entre les intérêts privés et l’intérêt général ! Densifier la ville est devenu nécessaire pour répondre tant à l’augmentation de la population qu’au défi écologique. Mais cette densification ne doit pas se faire à l’encontre de la qualité de vie des habitants. Elle doit s’adapter au contexte local, et non l’inverse. Il faut construire plus de logements accessibles : pour cela, nous proposons de passer à 50 % de logements sociaux dans toutes les opérations se déroulant dans les communes déficitaires au regard de la loi.

Nous proposons, de nouveau, un encadrement des loyers, qui permettrait à minima de stopper leur augmentation sans fin. Nous proposons de ne détruire ni de vendre aucun logement, mais de rechercher plutôt des solutions de réhabilitation (l’exemple très réussi du Grand parc doit nous inspirer). Nous proposons la réquisition de logements vacants. Mais il faut aussi construire une ville qui « donne envie » : La qualité des logements, spacieux, bien isolés, celle des espaces publics, une mixité sociale et fonctionnelle, doivent être le gage de l’acceptabilité de la ville de demain !

Odile Blein, conseillère municipale d’Ambarès & Lagrave, élue métropolitaine

Santé : Répondre aux besoins à l’échelle d’un territoire, sans oublier d’interpeler l’État et l’ARS

La France a perdu 6000 médecins en 10 ans, et devrait en perdre tout autant d’ici à 2025. Les jeunes médecins préfèrent aujourd’hui s’installer dans les grandes villes et agglomérations. Il existe donc, de fait, une concurrence entre les territoires pour palier le manque de professionnels de santé. L’ARS (Agence régionale de santé) préconise avec force l’instauration de contrats locaux de santé, qui visent à organiser l’offre de soins dans un contexte global de manque de professionnels de santé. Les communes rivalisent d’avantages pour tout jeune médecin qui souhaiterait s’installer : logement disponible, locaux mis à disposition, secrétariat…

Il ne peut y avoir de réponse que globale à la désertification médicale, au moins à l’échelle d’un territoire.

Il s’agit d’organiser l’offre de soins en permettant à de jeunes médecins de s’installer et de rayonner sur un territoire, mettant en œuvre un projet médical pour le territoire. C’est la raison pour laquelle l’agglomération du libournais a pris la compétence santé, lui permettant de développer l’attractivité médicale en bâtissant, en lien avec l’ARS, un projet de territoire et en favorisant la création de structures permettant d’accueillir des médecins en fonction des besoins des populations.

Aujourd’hui les jeunes médecins veulent travailler en équipe, en lien avec les autres professionnels, ils ne conçoivent plus leur métier comme il y a encore 20 ou 30 ans. Le centre de santé, avec des professionnels salariés, apparait comme un bon outil pour attirer de jeunes médecins, le centre de soin de Coutras en est un parfait exemple. Certes, une maison de santé, avec des professionnels sous statut libéral peut aussi contribuer au recrutement de professionnels sur un territoire. Mais le recrutement s’avère plus difficile aujourd’hui.

Cela étant, avec les coupes budgétaires opérées dans les hôpitaux, le manque de moyens, et la pénurie de médecins, une commune ou un territoire seul ne peut répondre à l’ensemble des besoins en matière d’offre de soins. Il est nécessaire que l’État joue pleinement son rôle en ouvrant le nombre de places suffisant en médecine et en permettant à des médecins de s’installer partout sur le territoire. 

L’offre de soins dans de nombreux territoires périphériques est déficitaire, et cela se traduit pour une part de la population, souvent la plus fragile, par un refus de se soigner ou une impossibilité de le faire. Il y a donc besoin, en même temps que se développent les structures permettant d’accueillir des professionnels de santé, d’interpeler fortement l’État et l’ARS sur les conséquences, pour les populations, de la pénurie de médecins et des coupes budgétaires dans l’hôpital public.

Sébastien Laborde, élu à Saint-Denis de Pile, vice-président de la Cali (communauté de communes) en charge de l’action sociale et de l’attractivité médicale et des maisons de santé, président du Contrat local de santé du grand Libournais.

Environnement : Pour une commune actrice de la lutte contre le changement climatique

Pour respecter les accords de Paris, l’empreinte carbone moyenne des français, qui s’élève à 10,8 tonnes par an en 2017, doit diminuer d’ici 2050 de 80 % pour atteindre 2 tonnes de CO2 par an et par personne. Or, l’action individuelle des citoyens, bien qu’indispensable et réelle au vu du danger qui menace notre planète, ne peut influer sur cette empreinte qu’à hauteur de 20 à 40 %… 

Pour que l’empreinte carbone des français diminue vraiment, il est indispensable que l’État et les entreprises engagent un changement systémique. Un tel engagement permettrait de faire baisser l’empreinte carbone de 30 à 60%. Pour cela, la commune est un maillon essentiel des changements qu’il est urgent et nécessaire de construire.

La première des choses est de se battre dans chaque conseil municipal pour que soit élu·e un·e adjoint·e ayant en charge les questions d’écologie et de développement durable. C’est aujourd’hui indispensable si nous ne voulons pas que l’écologie reste une posture.

Par exemple, pourquoi ne pas attaquer de front et dans tous les bâtiments publics la question des économies d’énergie, entre autre liée au besoin de chauffage. Beaucoup d’équipements et de locaux municipaux sont de véritables passoires thermiques. Certes ce sont souvent des travaux qui peuvent être coûteux, mais le retour sur investissement est immédiat ! Et quitte à parler chauffage et économie d’énergie, pourquoi ne pas étudier le recours à la géothermie ?

La question des déplacements est, elle aussi, un domaine dans lequel la commune peut largement agir, à travers le parc automobile municipal pour lequel il peut être envisagé de passer progressivement aux véhicules électriques. Mais aussi au travers du développement des modes de déplacement alternatifs et doux pour les citoyens avec des trottoirs sur lesquels il est possible de circuler aisément à pied, des pistes cyclables sécurisées ; et pourquoi ne pas envisager, dans les écoles, des modules de formation à l’apprentissage du vélo en ville ?

Comment parler écologie sans parler nature ? Que l’on soit en ville ou en zone rurale, la commune peut et doit agir pour préserver et promouvoir les espaces naturels. C’est en mettant les agents municipaux des espaces verts en responsabilité sur ces questions que l’on peut être efficace. Par leur pratique et leur savoir-faire, ils peuvent être de véritables acteurs de la préservation des espaces naturels. L’interdiction de l’emploi de produits dangereux dans l’espace public communal est une excellente initiative. Planter des arbres et protéger le patrimoine arboricole existant, autant que le patrimoine architectural, est tout aussi important et indispensable. La végétalisation de la ville étant l’un des meilleurs moyens de nous protéger des forts épisodes de canicules à venir.

Intéressons-nous également à l’éco-paturage qui permet l’entretien d’espaces verts de façon naturelle et peut même permettre la préservation d’espèces d’élevage en voie de disparition.

Vincent Boivinet, section de Bègles

Culture : Défendons-la, pour sa charge transformatrice, sa capacité
de produire du neuf

La politique municipale de Gradignan dans le domaine de la culture est conséquente : théâtre (artistes en résidence), école de musique (+ de 500 élèves), médiathèque, artothèque, ludothèque, musée, éco-musée et de grosses manifestations comme Lire en poche. Bien qu’élu municipal minoritaire et aiguillon de la majorité, c’est une politique que je soutiens car je suis favorable à ce que la culture prenne plus de place et d’ampleur dans notre vie quotidienne et en proximité. 

Cependant, notre attention doit s’aiguiser quand le journal Le Monde dévoile « la contribution du ministère de la Culture aux travaux du comité d’action publique 2022 », comité chargé de repenser les missions de l’État afin d’accompagner la réduction des dépenses publiques. C’est le moment d’affirmer que la culture est au cœur de notre identité. 

La culture n’est pas un stock de savoirs, de connaissances ou d’activités dûment estampillés et labellisés « culturel », mais plutôt un combustible, une énergie à mettre au service de la transformation de soi et du monde. La culture n’est pas extérieure à l’individu, elle est cette part constitutive de l’être qui pousse vers l’avant, qui agit pour nous rendre plus humain. Ce n’est donc pas telle ou telle activité qui, par essence, serait culturelle, mais bien plutôt sa charge transformatrice, sa capacité de produire du neuf, de l’inédit. La culture ne saurait par conséquent se réduire à un patrimoine, à un avoir comptabilisable. Elle doit être cette force qui pousse l’individu vers son émancipation, vers sa liberté. 

Pour évoquer la mémoire et l’histoire, à la libération, la culture a été une composante de l’éducation populaire, en particulier sous l’impulsion de Jean Guehenno, « ancien ouvrier devenu écrivain », membre du Comité national des écrivains pendant la résistance qui a rejoint le gouvernement provisoire à la Libération pour organiser l’éducation populaire. Pour lui l’éducation populaire « ne manquera pas de faire des citoyens exigeants, mais n’est-ce pas ce que doivent être des hommes ? » L’association Peuple et Culture est fondée en 1945 ; c’est la naissance des bibliobus ; les Maisons des jeunes et de la culture se développent dans le prolongement des idées de 1936. Si l’expérience institutionnelle ne durera que quatre ans, la culture va se développer grâce à des associations, des organisations comme la CCAS à laquelle j’appartiens. Le livre est considéré comme un outil essentiel de l’émancipation ouvrière. 

Confrontés à l’intermittence, à la crise, ou sans emploi, tous les artistes recherchent les moyens d’exercer leur art, de rencontrer un public large et socialement diversifié. En développant l’action culturelle, nous contribuons aussi à donner à chacune et à chacun les moyens de construire sa citoyenneté. Donnons lui plus d’ampleur, favorisons son accès à toutes et tous !

Pierre Auzereau, conseiller municipal à Gradignan

Sport pour tous : Une complémentarité d’intérêt social et citoyen

Le sport, la pratique sportive doivent être un enjeu de formation à tout âge, le plus tôt possible, permettant de répondre aux ambitions de chacun. En ce sens, deux structures doivent pouvoir porter ces objectifs, le temps scolaire ouvrant sur le temps de vie. 

Les municipalités se trouvent à la croisée de ces ambitions et objectifs. La volonté politique en est un des marqueurs, d’autant plus porteurs de ce développement humain dans l’approche individuelle comme collective. Se posent ainsi en grand les moyens financiers irrigant l’ensemble des structures, notamment publiques, partant des moyens alloués par l’Etat, les collectivités locales, les fédérations et ligues notamment.

Le sport pour toutes et tous trouve – hélas ! – de plus en plus d’obstacles à surmonter dans les différentes échelles de cette pratique, qui plus est accompagnée, tant à l’école publique comme dans le mouvement associatif :

– au travers des moyens financiers de la famille, pour qui le sport est une charge souvent trop lourde, 

– au niveau des éducateurs professionnels, et encore plus bénévoles, qui se retrouvent trop souvent en rupture avec leur volonté de former des jeunes ou moins jeunes.

Ainsi, ce déficit pour le développement humain se trouve à la base d’un déficit de citoyenneté comme de lien social.

Le sport, comme la culture, doivent redevenir deux poumons de notre République, retrouvant ainsi leur dimension pleinement humaine.

Max Guichard, adjoint au maire à Cenon, responsable du groupe communiste à Bordeaux métropole