Service public : Les pompiers toujours en colère

C’est un des points chauds de la rentrée sociale, les pompiers se sont rassemblés, vendredi 30 août place de la Bourse à Bordeaux, à l’appel d’une intersyndicale nationale et dans le cadre d’un mouvement qui court depuis le début de l’été.

En uniforme et déterminés, les pompiers étaient plusieurs dizaines vendredi 30 août, rassemblés place de la Bourse à Bordeaux pour aller chercher un soutien auprès de la population, à l’aide d’une pétition qui demande des moyens humains, matériels et financiers pour assurer leurs missions, des mesures de prévention pour les risques qu’ils encourent et une reconnaissance institutionnelle de ces risques.
Avant que les organisations syndicales représentées en Gironde ne se succèdent au micro, le président du Service départemental d’incendie et de Secours (SDIS), Jean-Luc Gleyze, affiche son soutien au mouvement et se désole que la métropole bordelaise n’ait toujours pas donné son accord, pourtant indispensable, à la création de 120 postes supplémentaires. Un courrier de l’intersyndicale devrait être adressé au président de la Métropole et des actions ciblées pourraient être envisagées.
Sur le plan national, au nom de l’intersyndicale, alors que les organisations n’ont toujours pas été reçues, un pompier annonce une action symbolique des officiers supérieurs qui vont demander à être reçus en marge du congrès. Mais « si rien ne se passe d’ici mi-octobre, nous irons chercher des réponses dans la rue à Paris, avec des gens responsables car nous savons très bien comment cela va se passer »… La CFDT dit avoir écrit à tous les élus, note qu’elle a eu peu de retours, la Fédération autonome insiste sur la nécessité d’obtenir le soutien de la population. La CGT regrette « qu’une fois de plus la métropole refuse d’aller plus loin sur le budget », rappelant que c’est sur la métropole que sont concentrés les besoins.
Venus de leur caserne de Bruges et La Benauge, deux professionnels qui ne souhaitent pas être identifiés expliquent l’explosion du nombre de « carences », depuis au moins 4 ans. Alors que leur mission consiste essentiellement à intervenir sur les urgences vitales, les pompiers se retrouvent de plus en plus à assurer des missions de transport qui devraient incomber aux ambulances privées. « Dans le privé, pour être rentable, ils n’acceptent pas certaines courses ou les regroupent, ce qui crée de l’attente… Le résultat est que sur une caserne comme Bruges, il y avait 5 000 interventions par an, il y a 10 ans, il y en a 11 000 aujourd’hui, alors que les effectifs, eux, ont baissé. Sur mes dernières gardes, j’ai dû faire 80 % de carences ». « Nous sommes en sous-effectif permanent, nous n’avons plus de temps pour la formation et l’entraînement sportif. L’une comme l’autre sont pourtant indispensables dans notre métier, heureusement qu’on n’attend pas la caserne pour se préoccuper de notre condition physique, c’est pour nous une question de santé et de technicité. » Outre ce ras-le-bol concernant les « carences » qui imposent des effectifs supplémentaires chez les pompiers ou une réorganisation des autres secteurs concernés, les professionnels du secours voudraient avoir enfin la reconnaissance de leur métier comme étant à risque et s’inquiète de la réforme des retraites : « Vous vous voyez secourue par un pompier de 63 ans ? »

Christelle Danglot