Arrêté anti pesticides… est-ce que ça suffira ?

De nombreux maires, ou encore le président du Val de Marne, prennent des arrêtés anti pesticides pour tenter de réglementer leur usage sur le territoire communal au nom de leur mission de protection des populations. Ces arrêtés sont décrétés illégaux par l’Etat, via les préfectures, et sont dénoncés. Pourtant nous sommes ici dans un vide juridique majeur sur l’encadrement de ces produits phytosanitaires et pesticides.

La responsabilité de l’Etat est clairement engagée et il ne peut pas rester silencieux !

L’État autorise la mise sur le marché de produits et leur renouvellement sans vraiment tenir compte des dernières études, nombreuses, qui pointent la responsabilité dans de nombreux cas de cancers des principes actifs et adjuvants utilisés dans les pesticides.

Aussi l’inquiétude et l’angoisse des riverains face aux épandages du monde agricole se fait de plus en plus sentir et les agriculteurs ou viticulteurs sont stigmatisés, pointés du doigt comme responsables alors que l’État continue d’homologuer ces produits, les rendant légaux.

Ce mouvement des maires veut répondre à l’absence de règles précises encadrant l’usage de produits que l’État doit reconnaître comme dangereux pour les riverains et les enfants dans nos écoles, tout en donnant son feu vert à leur mise sur le marché. En effet, le Conseil d’État de juin 2019 a retoqué l’arrêté interministériel de mai 2017, chargé de définir les usages de ces produits et la protection des populations, le jugeant insuffisamment protecteur.

Face à l’immobilisme, les maires et élus de proximité prennent l’initiative. Le statu quo sur l’usage des pesticides n’est pas acceptable et agir ne peut se résumer à l’utilisation d’équipements de protection individuelle par les salariés ou à imposer aux agriculteurs des zones sans traitement, plus ou moins grandes.

La vraie question qui vaille est l’après pesticides. Quel monde agricole construisons-nous ensemble, en France mais aussi en Europe ? Sortir d’une agriculture chimique et intensive exige un accompagnement fort de l’État et de l’Europe et de sortir du zonage agricole de l’Europe et de la mise en concurrence des producteurs entre eux. Le critère local et bio doit être valorisé dans les aides financières et pour contracter des crédits. L’agneau de Nouvelle Zélande a une empreinte carbone considérable, il ne peut pas être vendu moins cher qu’un agneau français ! Enfin il y a aussi besoin de formation pour permettre aux agriculteurs de penser leur production différemment qu’avec le soutien de la chimie, comme ils ont pu l’apprendre au lycée agricole.

Tout est à construire, l’État doit agir et légiférer mais le lobbying qui lui murmure à l’oreille est puissant. Aussi la mobilisation doit se poursuivre pour obliger l’Europe à interdire le glyphosate puis les produits considérés comme CMR (cancérogène, mutagène et/ou reprotoxique), alors nous pourrons envisager la suite. 

Stéphane Le Bot, élu communiste à Cussac-Fort-Médoc