Bahia : Débat autour de l’avis de la Métropole

À l’occasion du vote des élus de la Métropole sur une dérogation au Plan local d’urbanisme (PLU) permettant la poursuite de la fusion entre la maison de santé protestante Bagatelle et l’hôpital des armées Robert Picqué (Bahia), les élus communistes ont rappelé les raisons de leur opposition, tandis que direction et salariés de Bagatelle (une centaine), accompagnés de leurs syndicats, manifestaient leurs inquiétudes pour leurs conditions de travail.

La métropole a décidé de donner un avis favorable à la dérogation au PLU permettant la poursuite de Bahia, sans tenir compte des réserves émises par la commissaire enquêtrice (rapport et recommandations remis le 25 juin 2019). C’est donc d’abord sur la forme que Jacques Padie est intervenu pour le groupe communiste :

« Par bien des aspects, l’enquêtrice a repris des arguments que nous avions développés ici ou que les collectifs de citoyens avaient développés dans leur action de défense de l’hôpital Robert Picqué. (…) Ne vous étonnez pas les uns ou les autres de voir des hommes et des femmes envahir les rues vêtu·es d’un gilet jaune. Le message que vous leur envoyez ce matin, c’est que leur parole ne compte pour rien, que le cadre légal que nous leur offrons n’a que peu d’importance. (…) »

Sur le fond, l’élu communiste a tenu à préciser que ce n’était nullement la qualité des soins effectués par Bagatelle et par son personnel soignant qui était en question : 

« Notre positionnement est de deux ordres. Le premier est celui sur l’affaiblissement global de l’hôpital public. (…) La cure d’austérité dans lequel celui-ci est plongé, transforme le travail des soignants en un vrai calvaire. La fermeture de R. Picqué doit se voir au sein d’un plan d’ensemble dans lequel l’hôpital Saint-André est menacé. Le vote que nous ferons ce matin, c’est celui d’un hôpital public fort en capacité de répondre aux besoins de santé de tous, quels que soient leurs revenus. Nous désapprouvons le départ de l’armée, mais nous désapprouvons encore plus que R. Picqué ne soit pas revenu dans le giron du CHU. La logique était là, celle de conserver un hôpital public dans le sud de l’agglomération. 

Tel n’a pas été le choix. Personne ne s’est battu ici pour cette option. 

Pour autant, nous savons que les personnels soignants de Bahia veilleront à ce que cette structure reste dans le secteur 1 et continueront d’assurer des soins de qualité, comme ils l’ont toujours fait avec Bagatelle. 

Le deuxième est bien évidement sur le choix du site. Vous fusionnez, dont acte. Mais le bon sens aurait voulu qu’on choisisse le site de R. Picqué, qui fait 27 hectares, pour développer Bahia, quand celui de Bagatelle, avec 7 hectares, est fortement contraint, enclavé dans l’habitat, entrainant des problèmes de circulation. Là encore, un choix à contre-sens. (…) Nous le réaffirmons ici, ce dont a besoin la population de la Métropole, ce sont des services publics efficients dont un Hôpital public accessible à tous. La lutte des personnels de santé est là pour nous rappeler que notre santé n’a pas de prix et qu’elle ne peut se satisfaire de petits arrangements entre amis. »

Cette explication de vote et du contexte n’était pas inutile devant les salariés de Bagatelle venus manifester leur inquiétude d’un vote de refus de la Métropole. « Pour nous, la fusion est engagée depuis 2016 et cela n’a pas pu se faire sans l’engagement des personnels qui, pour leur part, s’inquiétaient de savoir ce que pourrait devenir Bagatelle sans Bahia », précise Isabelle Taris, élue CSE et déléguée syndicale CGT. « Bagatelle a connu un plan de retour à l’équilibre en 2013, pour nous la fusion c’est la pérennité de l’activité, avec de nouveaux moyens, c’est une centaine d’emplois supplémentaires à venir pour porter l’effectif à 1600. De plus, nous n’avons pas à rougir du travail que nous y faisons car Bahia reste un service d’intérêt public et général. Quant au site de Robert Picqué, les idées ne manquent pas pour y maintenir des services de médecines publiques de proximité, de prévention… »

Christelle Danglot