Bordeaux le 26 septembre : Personnels des urgences et pompiers convergent pour défendre le service public

Jeudi 26 septembre, en début d’après-midi, les personnels des urgences hospitalières manifestaient encore une fois contre la cure d’austérité qu’ils subissent. À Bordeaux, ils avaient décidé de partir de la caserne des pompiers Ornano pour marquer les points de convergence, car un mouvement de grève national coure également depuis plusieurs mois dans les casernes.

« Nous manifestons avec les pompiers surtout pour sensibiliser les usagers, le fil rouge c’est les services publics, on sent bien que c’est ce qui est sur la sellette. Et moi, en tant que citoyenne, le service public je l’aime, j’y tiens ! ». Manon, aide-soignante et Agnès, infirmière depuis 2 ans,* sont mobilisées depuis le mois de mai aux urgences de Saint-André avec le collectif Inter-urgences. 6 mois de grève pour exiger la réouverture des lits qui ont été fermés depuis plusieurs années, pour sortir des sous-effectifs permanents et pour la réévaluation des salaires. « On a bien compris que leur objectif est de privatiser l’hôpital, on le voit bien avec la tarification à l’acte, la fermeture de services et l’orientation vers le privé ». « Nous nous battons pour que le système de soins pour tous continue. Sur les 80 paramédicaux des urgences de Saint-André, nous sommes environ 60 à être mobilisés et les médecins commencent à entrer dans le mouvement petit à petit. Ils ont fait des heures sup tout l’été, plusieurs quitteront l’hôpital en octobre parce qu’ils n’en peuvent plus et ils ne seront pas remplacés. Les conditions de travail ne sont plus possibles. »

Dans le cortège, il y a aussi des personnels des hôpitaux de Langon, Sainte-Foy et Libourne, où le personnel était en grève le matin à l’appel d’une intersyndicale Sud-CGT-UNSA. « Nous avons boycotté le CTE ce matin, explique Mickaël Casimir, du syndicat Sud du centre hospitalier de Libourne, car les postes que nous avions obtenu grâce au mouvement de juin-juillet ne sont toujours pas affectés, en tout cas pas en totalité. Le résultat est que les agents ont passé un été catastrophique. Sur le plan national, Agnès Buzyn propose des bouts de chandelle. Nous dénonçons depuis des années la baisse des effectifs et les fermetures des lits. On ne peut pas travailler normalement aux urgences s’il n’y a pas assez de lits dans les services. Si on fait du nursing, on ne peut pas faire du soin. Pour rentabiliser, la ministre demande des taux d’occupation de 90 %, le résultat est qu’il y a de moins en moins de lits libres. Pour elle, le virage ambulatoire est important, forcément : c’est moins de patients à l’hôpital, moins de soignants de nuit, sur plusieurs jours, à domicile on ne paie que le temps de présence auprès du malade mais là encore, ce sont des lits en moins dans les services. » Mathieu enchaîne sur du vécu : « 8 patients ont passé plus de 24 heures aux urgences, seuls quelques uns dans un lit. Pas plus tard qu’hier, il y avait 8 heures d’attente. » Ses collègues autour confirment, les nerfs sont à vifs, les larmes souvent pas loin… « Nous avons été en effectifs plus que réduits, 2 pour 4 postes, tout l’été. J’ai cumulé mon poste d’infirmier Smur avec celui d’aide-soignant. On a gagné un poste, ça a duré une semaine et là on sait qu’il en manquera toujours un jusque fin octobre. » Si l’on parle aujourd’hui beaucoup des urgences, ces personnels nous assurent que dans tous les services les effectifs sont insuffisants, les agressions verbales voire physiques se multiplient, le personnel est à bout.

Du côté des pompiers, on ne vit pas mieux au travail et, pas plus que les soignants, on ne se sent écoutés et compris du gouvernement. Alors c’est aussi la détermination qui domine : « 3 TGV partiront de Bordeaux pour la manifestation à Paris le 15 octobre. Nous serons plus de 400 de la Gironde », expliquent Jonathan Mansot de la CFDT et Sébastien Dephot de la Fédération des Autonomes. Si la mobilisation est si importante dans notre département c’est que la situation est caractéristique de ce qui se passe sur le plan national : « on est passé de 80 000 interventions pour 1 800 pompiers à 130 000 interventions avec les mêmes effectifs » 

C.D.

* Les prénoms ont été changés