Droit de retrait, une urgence pour tous ?

-Par Olivier Fondriest,membre de l’exécutif du PCF 33-

Suite à l’accident de TER survenu le 16 octobre dans la région Champagne-Ardenne, les cheminots ont fait valoir leur droit de retrait. Le gouvernement, les éditorialistes, les chaines d’information en continu ont trouvé là une situation parfaite pour faire la chasse aux « fainéants grévistes », à « l’irresponsabilité des cheminots ». La direction de la SNCF a également immédiatement condamné la situation, en désinformant les usagers par un communiqué occultant le droit de retrait par une grève sauvage. Le Premier ministre Édouard Philippe a estimé qu’il s’agissait d’un abus du droit de retrait et a demandé à Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, d’évaluer tous les recours y compris juridiques.

De quoi parle-t-on vraiment ?

Des agents du service public exercent leur droit de retrait parce que l’un d’eux vient de sauver des vies, alors que blessé et ayant été mis dans une situation qui, par la conséquence de choix de gestion ayant installé une situation accidentogène, n’est pas locale mais bien générale. Cet accident survient après de nombreuses alertes antérieures, que la direction de la Sncf comme les décideurs des politiques publiques refusent d’entendre.

Ce sont les économies sur le personnel, la qualité et l’entretien du matériel à la SNCF qui installent un contexte accidentogène, concrétisé le 16 octobre. M. Pepy ferait mieux de répondre à ces exigences plutôt que de réprimer ceux qui exigent pour tous les usagers, les moyens de la sécurité des circulations. Car oui, si les cheminots ne parviennent pas à faire reculer leur direction, il y aura des morts. 

Oui les cheminots protègent les usagers. 

Les services de l’Inspection du Travail en Alsace demandent à la SNCF, dans un courrier, de suspendre la conduite des trains régionaux avec un seul agent à bord. Cette demande formulée par l’Inspection du Travail pourrait faire jurisprudence sur l’ensemble du réseau ferré. Dans l’ensemble des régions françaises, les trois-quarts des TER, et la totalité des Transiliens, circulent avec un seul agent à bord, le conducteur.

Dans une lettre ouverte, la fédération du PCF de la Gironde et ses élu.e.s ont interpellé le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, pour exiger le respect de l’article 14 de la convention qui lie la SNCF et la région, concernant les TER. Celle-ci prévoit que des personnels puissent être affectés sur des lignes alors que ceux-ci ont disparu.