Hommage aux combattants de l’Espagne républicaine : Une soirée d’émotions

Ce jeudi 26 septembre, la Bourse du Travail résonnait de l’accent espagnol. L’affluence avait à voir avec le thème de la soirée, mais également avec l’envie de retrouvailles d’anciens camarades de combats.

Soirée chargée d’émotion, notamment avec la représentation de la pièce La promesse ou comment une famille exilée peut-elle vivre l’histoire d’une grand-mère déchirée depuis l’exécution de son mari, le retour au pays d’un père qui a combattu et de son fils qui a fait une promesse de vengeance à son « abuela »

La république espagnole et le mouvement syndical et politique de Bordeaux, comme de la région, ont une longue histoire commune, faite de solidarité et de liens familiaux, remontant parfois avant le conflit de 1936.

De solidarité, il en est beaucoup question tout du long des six panneaux de l’exposition(*) que nous propose l’Institut d’Histoire Sociale d’Aquitaine :

Le premier des panneaux revient sur le conflit que l’on nomme « guerre d’Espagne » qui ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un coup d’état soutenu par des puissances étrangères fascistes comme l’Allemagne, l’Italie et le Portugal.

Le second panneau traite de la solidarité qui s’organise avec les Brigades Internationales où de nombreux syndicalistes CGT et communistes s’engageront comme Roger Giraudau, Louis et Roger Allo.

Mais la solidarité ouvrière, c’était également le soutien financier et l’accueil des enfants de réfugiés organisés par le Secours Rouge International (l’ancêtre du Secours Populaire).

Le quatrième panneau nous apprend que l’aide aux réfugiés ira jusqu’à l’aide de la création d’une coopérative ouvrière de sandales gérés par des mutilés espagnols.

Jacques Soulé est omniprésent dans l’organisation de l’aide à l’Espagne républicaine (et il n’est pas le seul). Les archives exhument des affiches de bourriches et autres meetings et traitent de la solidarité clandestine.

Longtemps, dans l’espoir de la « Reconquista », les militants espagnols réfugiés en France ont souhaité conserver leurs propres organisations, souvent clandestines. Cela n’empêchait pas les liens étroits avec les organisations françaises, dont la CGT, notamment pour de l’aide logistique ou juridique.

Jean-Jacques Bordes

(*)L’exposition sera visible durant le mois d’octobre dans le hall de la Bourse du Travail.