Pendant qu’on stigmatise, la bête immonde progresse

-Par M.C. Gonzalez, membre de l’exécutif du PCF 33-

Il y a une semaine, après plusieurs mois de menaces, la nouvelle tombait comme un couperet : Trump décidait de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie, ouvrant la voie au massacre des kurdes du Rojava par la Turquie d’Erdogan. 

Cette décision irresponsable, criminelle, et très critiquée, y compris aux Etats-Unis, a largement été condamnée par la communauté internationale dans les paroles.

Mais, à ce jour, les forces armées turques continuent leur progression, tuant hommes, femmes, enfants, civils et militaires, sans véritable obstacle sur leur passage.

Les kurdes de Syrie ont pourtant constitué, avec les forces arabes, la principale force armée, alliée de la coalition internationale, pour lutter contre l’Etat Islamique. Les protéger contre l’armée d’Erdogan, allié objectif des groupes terroristes depuis plusieurs années, est un devoir pour la communauté internationale, l’Union Européenne, et notamment la France.

Pourtant, malgré tout ce que nous devons aux kurdes, notre gouvernement n’a toujours pas agi concrètement. 

Dans sa « lutte » contre le terrorisme, il semble, en effet, plus occupé à stigmatiser une partie de notre population du fait de sa religion et à pousser les Françaises-s à la dénonciation de leurs concitoyen·nes. Ces pratiques nous renvoient aux pires heures de notre histoire, à un temps, pas si ancien, où l’Europe, avec la France en tête, stigmatisait une partie de sa population du fait de sa religion et de son apparence, parce qu’elle représentait, soi-disant, un danger pour notre nation.

Avec ces discours nauséabonds, le gouvernement ouvre la boîte de Pandore pour tous les fascistes et extrémistes de l’Hexagone. Un élu du Rassemblement National du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté peut ainsi se permettre de prendre violemment à partie, devant son enfant, une femme au seul motif qu’elle porte un voile. Et, plutôt que de condamner fermement le fait de s’en prendre à une femme du fait de son apparence et de sa pratique religieuse, le ministre de l’Éducation déporte, une nouvelle fois, le débat sur le port du voile, au nom de la défense des droits des femmes.

La soi-disant défense des droits des femmes légitimerait qu’on agresse une femme du fait de son apparence.

Notre soi-disant sécurité justifierait qu’on stigmatise nos concitoyen·nes, même enfants, du fait de leur confession.

Et pendant ce temps-là, les combattantes et combattants kurdes, qui prônent et se battent pour une société humaniste, féministe et égalitaire, meurent sans que notre pays ne fasse rien.

Pendant que l’imbécile regarde le voile et la barbe, elle/il ne voit pas la bête immonde qui progresse…