Robert PICQUÉ/BAGATELLE : Écoutons les messages d’alerte

Depuis des mois, les Urgences des hôpitaux hurlent leur désarroi, pointent entre autres les suppressions massives de lits d’hospitalisation qui conduisent à l’embolie de leurs services : et l’on a tous vu ces patients sur des brancards dans les couloirs… une honte. Et si nous écoutions ces messages d’alerte ?

Dans le projet Bahia, une mesure est souvent passée inaperçue : la suppression de 100 à 150 lits d’hospitalisation. Face à l’inquiétude, les « responsables » (?) avancent les progrès de l’hospitalisation à domicile. 100 à 150 places d’hospitalisation à domicile sont-elles prévues ? Le flou est entretenu.

En tant que professionnel ayant exercé sa carrière en psychiatrie, je peux témoigner : quand les progrès en termes de soins sont utilisés, détournés pour faire des économies et non dans l’intérêt des malades, les suppressions de lits peuvent conduire à des taux d’occupation de 110, 120 ou 130 %, des malades sous les escaliers, dans les couloirs, des lits de camp pliables…

Une expérience personnelle : Je suis malade depuis avril et pris en charge sur le site de R. Picqué d’une part et Bagatelle d’autre part. À cette « occasion », je peux apprécier le professionnalisme, la compétence et la disponibilité du personnel tant dans la structure publique que dans la structure privée à but non-lucratif  *. Mardi 2 octobre, je me présente à Bagatelle pour une journée de soins prévue depuis 3 semaines, au moins : pas de place ! Je suis dirigé vers R. Picqué. Mon voisin de chambre me fait part de son expérience du même jour : il s’est présenté le matin pour une hospitalisation prévue, elle aussi. Il a été dirigé vers Bagatelle qui l’a renvoyé sur Robert Picqué. Quand les patients sont traités comme des patates chaudes, on peut raisonnablement penser à des problèmes de suroccupation de lits. Et la suppression de 100 à 150 lits dans ce contexte ne peut être qu’une folie.

Actuellement, malgré le dévouement du personnel, aux urgences de Robert Picqué des attentes de 4 à 5 heures ne sont pas rares. En supprimant des lits d’hospitalisation n’est-on pas en train d’organiser les catastrophes sanitaires de demain ? On peut le craindre.

Pierre Bordas

Pour les tenants d’une confrontation stérile, dogmatique public/privé en matière de santé, un sujet de réflexion : la Sécurité Sociale est, très majoritairement, un organisme de droit privé assurant une mission de service public. (Wikipédia)