Se parler, partout, c’est capital !

-Par Maryse Montangon, membre de l’exécutif du PCF 33 et
de l’exécutif national-

Dans la situation politique et sociale actuelle, surgissent à la fois des mobilisations contestataires avec des possibles et des idées extrêmes qui représentent, elles, un grave danger.

Hôpitaux, ADP, climat, retraites, fonction publique, livreurs à vélo, actions féministes… toutes et tous contestent les choix catastrophiques du gouvernement, toutes et tous pensent que « ça ne va pas », qu’il faut changer.

Dans ce grondement contestataire revendicatif, l’idée de « changer le système » fait sans aucun doute son chemin mais se heurte de toute évidence à l’absence de perspectives, notamment devant la déroute à gauche.

Dans cette situation, nous le savons tous, le piège populiste identitaire tendu, à la fois, par E.Macron et l’extrême droite peut, hélas, fonctionner et que ce soient les déclarations du président sur l’immigration, la « convention de la droite extrême », convoquée par Marion Maréchal, tout démontre qu’ils sont prêts à le dégainer comme réponse alternative au désarroi de la population et à l’amplification de la pauvreté avec la nouvelle crise économique qui s’annonce.

Soutenir les mobilisations syndicales, citoyennes, associatives, être à côté des salarié·es en lutte est aujourd’hui capital pour que ces résistances débouchent sur de véritables perspectives politiques alternatives, vers un nouveau projet de société, projet où l’humain passe avant la domination de la finance, où la démocratie permet la construction collective des réponses au besoin de la population ; projet que nous portons, nous communistes, et que nous mettons en débat.

Montrer que des alternatives existent c’est aussi investir les entreprises. Ce doit être un de nos terrains de combat, car c’est le lieu où les richesses sont créées et où celles et ceux qui les créent sont le plus souvent maltraité·es, humilé·es, précarisé·es, sous-payé·es ; c’est le lieu de l’affrontement de classes. Investir, cela veut dire parler avec ses collègues à la fois de la situation et des choix de l’entreprise mais aussi de la situation politique générale et des perspectives politiques envisageables car ce sont des salarié·es mais aussi toutes et tous des citoyen·nes qui se soignent, se logent, se nourrissent, vont partir à la retraite, utilisent les services publics… Tous les sujets d’actualité se retrouvent dans leurs préoccupations qu’elles soient liées ou non à leur entreprise. Comme le disait Fabien Roussel lors de la rencontre des militant·es à la fédération (lire p.5) : « ce sont autant de petites graines que nous semons ».

Et si nous ne pouvons pas être à l’intérieur des entreprises, faute de militant·es, et bien soyons à l’extérieur, habituons les salarié·es à nous voir, à nous lire, à discuter avec nous et à débattre de nos propositions.

Tous ces échanges avec le mouvement social, avec le monde des entreprises doivent être pris en compte dans les projets que nous porterons, avec d’autres, lors des municipales. Il en va de notre crédibilité et de notre capacité à rassembler.