Solidarité avec les Kurdes de Syrie

Rassemblement à Bordeaux ce samedi 12 octobre, à 14h place de la République.

Le PCF condamne la criminelle agression turque contre les kurdes de Syrie

Déclaration du 10/10/2019

L’armée turque accompagnée de supplétifs djihadistes vient de lancer une criminelle offensive contre les combattants de la liberté du Kurdistan syrien (Rojava). Les bombardements visent la population civile qui fuit par milliers tandis que les observateurs internationaux relèvent déjà plusieurs dizaines de morts.

R.T. Erdogan entend massacrer les Kurdes, procéder à un nettoyage ethnique, recycler les membres de l’Etat Islamique incarcérés tout en poursuivant sa politique d’expansion territoriale et sa fuite en avant ultra-nationaliste. La Turquie relance la guerre en Syrie, conforte la résurgence des organisations terroristes islamistes et hypothèque toutes les perspectives de paix.

Les Kurdes, artisans de la lutte contre l’Etat Islamique et l’une des principales forces de paix démocratique dans la région, sont seuls, trahis par la coalition, face à la barbarie et l’obscurantisme.

Le PCF condamne cette criminelle agression et appelle les gouvernements de la France ainsi que ceux de l’Union Européenne à sanctionner par tous les moyens la dictature d’Ankara. Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit placer les Kurdes sous protection internationale.

Le PCF appelle toutes les forces démocratiques à s’unir et à se rassembler partout où elles le peuvent pour stopper cette invasion et contraindre le tyran R.T. Erdogan à se retirer des territoires illégalement occupés au Kurdistan de Syrie.

Dans L’Humanité du 08/10/2019, par Rosa Moussaoui :

La Maison-Blanche a donné son feu vert à l’offensive planifiée de longue date par Ankara contre les Forces démocratiques syriennes. La garde des prisonniers de Daech est confiée aux autorités turques.

(…) Lundi (NDLR : 7 octobre), au terme d’une conversation téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, le président des États-Unis donnait son feu vert à l’offensive planifiée de longue date par Ankara dans le nord-est de la Syrie contre les combattants kurdes des YPG (Unités de protection du peuple) et les Forces démocratiques syriennes (FDS, incluant les YPG et leurs alliés arabes). Conséquence immédiate de cette décision aussi brutale qu’inattendue : les forces américaines déployées aux abords de la frontière commençaient à se retirer, abandonnant des positions stratégiques près des villes de Ras al-Ayn et de Tal Abyad pour ouvrir la voie à l’incursion militaire turque. En première ligne des combats qui ont conduit au démantèlement du « califat » territorial tenant lieu de sanctuaire aux djihadistes de l’« État islamique » (EI), les forces kurdes s’estiment aujourd’hui trahies. Le porte-parole des FDS, Mustafa Bali, accuse les États-Unis de laisser la région « se transformer en zone de guerre » en la quittant et en confiant aux autorités turques la responsabilité de tous les combattants de l’EI capturés ces deux dernières années dans la zone – une bombe à retardement entre les mains d’Erdogan. (…)

Politiquement affaibli, Erdogan veut reprendre la main, après l’échec de son parti, l’AKP, aux municipales et la perte d’Ankara et d’Istanbul. Trump, lui, croit jouer la bonne carte, alors qu’il affronte une procédure d’impeachment : il a justifié hier sa décision par la volonté de « sortir de ces guerres ridicules et sans fin, dont beaucoup sont tribales ». « La Turquie, l’Europe, la Syrie, l’Iran, l’Irak et les Kurdes devront maintenant résoudre la situation », a-t-il expliqué. Devant les risques d’embrasement, les critiques fusent. Ancien envoyé spécial américain dans la lutte contre l’EI, Brett McGurk prédit une résurgence de Daech et dénonce un « pari téméraire » : « La Turquie n’a ni l’intention, ni le désir, ni la capacité de gérer 60 000 détenus » djihadistes. Mêmes craintes au Quai d’Orsay, où l’on estime que « l’organisation dispose encore de ressources et de capacités d’action importantes ». Paris met en garde contre « toute action unilatérale » qui « nuirait à la stabilité de cette région et aux efforts (…) pour lutter durablement contre le terrorisme ». Sur le terrain, les Forces démocratiques syriennes, elles, promettent aux troupes turques, en cas d’agression, « une guerre sans merci sur toute la frontière ».