Suite à un accident de passage à niveau, les cheminots déposent les sacoches massivement

Depuis des mois, cheminots, organisations syndicales, collectifs d’usagers s’inquiètent de la déshumanisation des gares et des trains et alertent sur les risques encourus par les usagers et les salariés. L’accident dramatique du 16 octobre au passage à niveau en Champagne Ardenne leur donne raison.

À Bordeaux, les agents de conduite et les contrôleurs ont cessé le travail le 17 octobre à 17 h, exigeant de la Direction la garantie de leur sécurité et celle des usagers avec au moins un contrôleur par train. 

À l’heure où nous rédigeons ces lignes, la grève semble très suivie : un seul train à destination de Langon est maintenu pour toute la fin d’après-midi et la soirée, par exemple.

Ci-dessous, le communiqué de presse de la CGT Cheminots Bordeaux gare du 16 octobre :

« La sécurité n’est pas une variable d’ajustement. 

En effet, un train TER, avec 70 voyageurs à son bord, a percuté un convoi exceptionnel. Si le pire a été évité, cet accident aurait pu avoir des conséquences dramatiques, voire irréversibles pour les usagers et le conducteur. 

Depuis plusieurs années, sous couvert de rentabilité et de réductions des coûts de production, la Direction SNCF déshumanise les gares et les trains. Elle généralise sa politique dite de « l’EAS – ANS », cela veut dire que les trains circulent sans contrôleurs, le conducteur restant seul agent SNCF à bord. Au moindre incident, accident, lorsqu’un train circule en « EAS -ANS » ; comme c’était le cas hier ; l’agent de conduite doit gérer seul la situation : assurer la sécurité des autres trains, appliquer les procédures réglementaires et obligatoires : sécurisation du site, appel des services d’urgence, … Mais il doit également assurer la sécurité et l’information des usagers sans avoir les moyens de communication nécessaires pour le faire. 

Les accidents sur des passages à niveau sont malheureusement fréquents et la politique de déshumanisation des trains multiplie les risques et le danger pour les usagers et les agents de conduite. 

La nouvelle convention TER en Nouvelle-Aquitaine n’échappe pas à cette stratégie politique de productivité au détriment de la sécurité des usagers et des cheminots. Cette dernière prévoit la généralisation de « l’EAS -ANS » dorénavant tous les TER au départ de Bordeaux, hormis ceux à destination de la Rochelle, Périgueux et St Mariens peuvent circuler en équipement agent seul. 

L’accident d’hier fait exploser la colère des conducteurs et des contrôleurs dans tout le pays. Depuis 18h00, aujourd’hui 17 octobre les agents de conduite et les contrôleurs de Bordeaux ont cessé le travail, exigeant de la Direction la garantie de leur sécurité et celle des usagers pour cela 1 train = 1 contrôleur. 

La Direction SNCF doit assumer sa part de responsabilité dans cette politique de casse et de dégradation du service rendu aux usagers et ses obligations en tant qu’en employeur en garantissant la sécurité de ses salariés. 

La CGT des cheminots exige des réponses de la Direction, qui jusqu’à présent reste silencieuse, et le déclenchement des rencontres immédiates en région sur l’équipement des trains. La CGT des cheminots exige la présence des contrôleurs à bord de tous les trains garantissant ainsi un service de qualité aux usagers et permettant aux conducteurs de se concentrant sur leurs missions la conduite de trains et la gestion de sécurité ferroviaire. »