Tartuffe

-Par Sébastien Laborde,secrétaire départemental du PCF et membre de l’exécutif national-

À Rodez, le président de la République a tenté d’expliquer sa réforme des retraites… Difficile exercice que celui de rassurer les Français quand plus des deux tiers se disent à juste titre inquiets pour leur retraite. Le Président l’a dit, il garantira l’âge de départ en retraite à 62 ans, sans perte de pension. C’est un mensonge, un de plus. 

La mise en place de la retraite par point ne garantit rien au contraire, elle livre chacun et chacune au bon vouloir d’un gouvernement qui peut à tout moment baisser la valeur de ce point. En d’autres termes, on sait combien on cotise, on ne sait pas combien on aura.

L’objectif étant, malgré le vieillissement de la population et l’augmentation relative de l’espérance de vie, de maintenir à moins de 14 % du PIB la part des richesses consacrée à la retraite. Le Capital a besoin d’accumuler des richesses, les fonds de pensions seront là pour ceux qui en ont les moyens et participeront de cette confiscation des richesses produites.

La colère gronde, et le Président des riches choisit, dans ce moment, de porter le débat sur l’immigration, donnant raison à ce que l’extrême droite a de plus rance et qui percole dans la société comme un poison. Eric Zemmour est convoqué pour déverser son flot haineux contre l’étranger, l’immigré, le réfugié… Et, en écho à celui-ci, le Président des riches lâche qu’il faut en finir avec les excès de l’aide aux réfugiés.

Ce n’est pas un duel, c’est un duo entre l’extrême droite et la majorité en place. 

D’ailleurs l’extrême droite ne formule aucune proposition pour les salaires et une véritable réforme des retraites. Le bouc émissaire, l’immigré, est mis en avant : l’aide médicale aux réfugiés alors qu’elle ne représente que quelques millions d’euros passe au premier plan, devant les profits colossaux réalisés par les détenteurs des entreprises du CAC40.

Taxer le capital au même niveau que le travail rapporterait 30 milliards d’euros. De quoi combler le déficit creusé de la sécurité sociale, de quoi donner aux collectivités les moyens de politiques ambitieuses répondant aux besoins, de quoi développer des services publics dans tous les domaines pour relever les défis sociaux et environnementaux.

Le budget de l’État pour 2020 tourne, une fois de plus, le dos aux aspirations populaires et n’est pas au niveau de réponse suffisant face à l’urgence sociale et climatique. 

La bataille pour une autre réforme des retraites, celle pour l’Hôpital public, les marches pour le climat, les luttes pour l’emploi et les salaires, les prochaines élections municipales sont autant de leviers et d’occasions pour développer des propositions en réponse à l’urgence sociale et climatique et qui affrontent les logiques à l’œuvre.