AVIS AUX LECTEURS : La parution des Nouvelles de Bordeaux et du Sud Ouest est suspendue

-Par Frédéric Mellier, directeur du journal-
Depuis de nombreuses années nous accumulons des pertes lourdes sur le journal, des pertes auxquelles nous avons fait face longtemps, mais qui nous mettent à ce jour dans l’incapacité de faire face au quotidien de la parution d’un journal.

Nous avons, au fil du temps, réduit des charges tout en maintenant la qualité de notre journal. Nous sommes arrivés au bout de ce que nous pouvions faire.

Les Nouvelles ont accompagné ces cinquante dernières années la vie de notre département. Les mouvements sociaux, les grandes batailles politiques, les échéances électorales, c’est toute cette histoire qui est dans les pages des Nouvelles. Un point de vue communiste assumé et affirmé tout au long des pages et des années. 

Aujourd’hui la question de la presse écrite se pose en grand dans notre société et, de manière sous-jacente, celle de l’accès démocratique à l’information. Les puissances de l’argent possèdent l’ensemble des grands medias de ce pays hors service public. 

Déjà se dessine devant nous un accès à l’information à deux vitesses : l’un à bas coût, de piètre qualité, incarné par « les chaînes d’info » et l’autre une information de qualité réservée à ceux qui en auraient les moyens. Les deux bien sûr dominés par les forces de l’argent. 

Comme en 1945, nous devons être en capacité d’inventer un nouveau modèle, libéré des puissances financières. Un modèle qui fasse de l’intelligence de chacun.e et de tous, le fil conducteur d’un nouveau projet. 

Cette question se pose dans la société, elle se pose donc à la presse communiste, elle devient même un défi majeur. Qu’il nous faut relever.

La cessation de parution n’est pas une péripétie. D’abord parce qu’elle a des conséquences humaines. Mais aussi parce qu’elle est un mauvais signe pour tous les communistes et les progressistes du département. 

Le travail effectué par la rédaction permettait d’accéder à des informations qui n’étaient pas traitées ailleurs, où le point de vue était différent. Dans l’immédiat cette approche éditoriale et politique va manquer dans le paysage girondin. 

C’est pour cette raison que nous n’abandonnons pas le défi d’une presse régionale communiste. Cette cessation de parution appelle à nous réinventer, à construire un autre chemin. Nous avons commencé à y travailler, et nous souhaitons être en capacité à la rentrée 2020 d’ouvrir une nouvelle page de notre presse. Ce défi c’est le nôtre, ce sera aussi le vôtre demain.  

Je voudrais finir en ayant une pensée pour les salariés du journal, le professionnalisme dont ils ont fait preuve, pour le comité de rédaction qui a su au fil des numéros enrichir le contenu de celui-ci, enfin pour les bénévoles, les « plieurs » qui ont donné de leur temps pour faire face à l’acheminement du journal. Les Nouvelles c’était aussi une aventure humaine.